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Tourisme : le virage « Québec » doit se poursuivre

TVA Nouvelles

Agence QMI

Comment se porte l’industrie touristique au Québec ? La dernière saison estivale a été excellente, un nouveau positionnement marketing semble porter ses fruits, mais la province ne tire pas profit de certaines tendances.

« L’été dernier, c’était la première fois depuis cinq ans que le déficit de la balance touristique s’améliorait », se réjouit Lucie Charland, directrice générale de l’Association québécoise de l'industrie touristique (AQIT). Il y a toujours plus de Québécois qui voyagent à l’extérieur des frontières que d’étrangers qui choisissent la destination Québec, mais l’écart a rétréci.

Environ 80 % du tourisme au Québec est le fait de Québécois. Sur ce plan, la situation reste stable. Mais de janvier à juillet 2014, le Québec a enregistré une hausse de 4,1 % de ses entrées de touristes internationaux comparativement à la même période en 2013, rapporte Tourisme Québec dans son dernier bulletin statistique.

Les Américains, qui délaissaient la province depuis le début des années 2000, y ont repris goût cette année. À quoi attribuer ce changement ?

« On n’a pas d’analyses fines, répond Lucie Charland. Mais le nerf de la guerre, dans notre industrie, c’est le marketing. Que le gouvernement du Québec se soit doté en mai 2012 d’un plan de développement et d’une nouvelle image de marque, Québec Original, avec une offensive pour positionner la marque sur la Côte Est américaine, ça n’a sûrement pas nui. »

Un glissement

Un été 2014 profitable, donc. Mais avec le recul historique, on constate Québec et le Canada perdent constamment du terrain sur les marchés internationaux.

« Le Canada était au 17e rang des destinations touristiques les plus populaires dans le monde en 2013 et au 8e rang en 2000 », rappelle Maïthé Levasseur, directrice adjointe au Réseau de veille de la Chaire de tourisme Transat (École des sciences de la gestion de l’UQAM).

La croissance du tourisme international ne profite plus au Québec et au Canada. « De 2000 à 2010, le Canada a reculé de 18 % sur le marché mondial, les États-Unis ont augmenté de 17 %, la Chine de 79 % et la Turquie de 181 %, poursuit Maïthé Levasseur. Ce n’est pas qu’on a perdu des touristes, c’est qu’il y a de plus en plus de touristes dans le monde et ils ne viennent pas nécessairement chez nous. »

Comment renverser la vapeur ?

Dans le créneau du tourisme urbain, Montréal et Québec jouissent d'une bonne réputation, mais n’offrent pas de « magasinage expérientiel », une tendance populaire aux États-Unis. « On n’a pas d’attraction commerciale forte, par exemples des glissades d’eau intérieures qui puissent attirer les familles », indique Maïthé Levasseur.

L’accueil et l’animation touristique « chez l’habitant », de plus en plus prisé dans nombre de pays, demeure « embryonnaire » au Québec, ajoute Maïthé Levasseur —  outre l’utilisation de plateformes de location par les particuliers comme Airbnb.

D’autant plus que les professionnels du tourisme au Québec ne sont pas toujours à l’aise avec les nouveaux outils numériques, surtout en région. Maïthé Levasseur croit que la province devrait s’inspirer de la France et de son réseau d’animateurs numériques de territoire (ANT), qui accompagnent les professionnels locaux du tourisme pour améliorer leur performance sur Internet.