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TransCanada dépose sa demande d’approbation

TVA Nouvelles

La compagnie TransCanada (TRP) a déposé jeudi matin une demande de 30 000 pages à l’Office national de l’énergie afin de faire approuver le projet d’oléoduc Énergie Est, d’une valeur de 12 milliards de dollars, qui passe par le Québec.

L’oléoduc permettrait de relier l’Ouest canadien à l’est du pays. Un peu plus d’un million de barils de pétrole par jour pourront voyager dans le pipeline.

L’entreprise estime que plus de 4000 emplois directs et indirects à temps plein seront soutenus au Québec lors des sept premières années de développement et de construction, soit le quart des emplois prévus au Canada. Une fois en exploitation, l’oléoduc ne donnera toutefois du travail qu’à 500 travailleurs, au Québec.

Le nombre d’emplois liés au projet est contesté par les groupes environnementaux Greenpeace et Équiterre, qui, selon leur propre étude, sera de deux à trois fois inférieur. 

D’après TransCanada, le projet Énergie Est permettra à l’Est du Canada de ne plus importer de l’extérieur 700 000 barils de pétrole consommés chaque jour, une affirmation aussi mise en doute par les groupes environnementaux qui soutiennent que ce projet vise essentiellement à exporter les produits des sables bitumineux de l’Alberta.

L’entreprise a aussi déposé jeudi une étude d'impact environnemental au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques du Québec pour le terminal maritime et les terminaux de stockage à Cacouna.

Réactions à Québec

À l'Assemblée nationale, le porte-parole du Parti Québécois en matière d’énergie et de ressources naturelles, Bernard Drainville, s’est inquiété de l’intention de TransCanada d’utiliser un pipeline qui sert actuellement à alimenter le Québec en gaz naturel pour transporter le pétrole de l’Ouest.

«Moins de gaz livré au Québec, ça va vouloir dire évidemment des prix du gaz qui vont être plus élevés pour les Québécois. Pour un hôpital ou une université, la facture d'énergie pourra augmenter de plus de 100 %. On parle de millions de dollars de plus par année. (…) Pourquoi l'Hôpital Sainte-Justine paierait son gaz naturel plus cher parce qu'un producteur dans l'Ouest veut exporter son pétrole?», a-t-il demandé.

En réponse, le ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette, a souligné que le projet Énergie Est pourrait générer des retombées économiques importantes pour le Québec, notamment en termes d'emplois.

«Nous croyons qu'il faut étudier le projet et s'assurer, s'il se réalise, que cela se fasse à l'avantage des Québécois et dans le respect des normes de sécurité», a-t-il dit.

Québec fera ses propres études

Dans un communiqué, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a  souligné que le gouvernement allait procéder à ses propres évaluations du projet. Notamment, la Régie de l’énergie s’est vu confier le mandat d’évaluer les impacts sur les approvisionnements en gaz naturel de la province.

«Il n'est pas de notre intention de donner carte blanche à l'entreprise. Si le projet se réalise, il devra générer de justes retombées pour les collectivités québécoises», a-t-il soutenu.

TransCanada a fait les manchettes mardi alors que des organisations écologistes ont invité le gouvernement québécois à poursuivre la compagnie pour les levées sismiques qu’elle a effectuées au large de Cacouna le printemps dernier.

Ils soutiennent que l’entreprise albertaine n’avait pas les autorisations requises pour entreprendre ce type de travaux dans l’habitat essentiel du béluga.

L'Office national de l'énergie devrait rendre sa réponse dans 15 mois.