/news/homepage

Trois Québécois dans la mire de la GRC

TVA Nouvelles

Trois jeunes hommes ayant déjà habité à Sherbrooke ont attiré l'attention de la GRC et du Service canadien des renseignements de sécurité depuis qu'ils sont officiellement introuvables, selon ce qu'a appris notre Bureau d'enquête.

Samir Halilovic, Youssef Sakhir et Sayed Zakria Habibi, en contact sur Facebook, fréquentaient tous les trois l'Association des musulmans de l'Université de Sherbrooke (AMUS) tout comme l'un des accusés dans l'affaire du complot pour faire exploser un train de Via Rail déjoué en 2013, Chiheb Esseghaier.

Les parents de Samir Halilovic et de Youssef Sakhir ont d'ailleurs reçu la visite de la GRC et du Service canadien de renseignements de sécurité (SCRS).

«Il se trouve en Syrie ou quelque part, je ne sais pas où... Il ne donne pas de nouvelles, juste qu'il est vivant, c'est tout», dit la mère de Youssef Sahkir, Maria Houem. «Ça m'a ruiné l'âme!», ajoute-t-elle.

La GRC et le SCRS a de nouveau rencontré Mme Houem il y a quelques jours, mais selon notre Bureau d'enquête, les autorités lui ont demandé de ne pas s'adresser aux journalistes.

Sur son compte Facebook, Youssef a annoncé qu'il était maintenant marié, sans dévoiler l'identité de son épouse.

La disparition de son ami Samir Halilovic crée aussi une onde de choc dans sa famille.

«Je ne sais pas où il se trouve. Il est parti. J'ai déjà rencontré les autorités. C'est un sujet qui ne m'intéresse pas», a dit son père Samir Halilovic, quelques secondes avant de raccrocher lors d'un court entretient téléphonique.

Lorsque notre Bureau d'enquête lui a rendu visite, le père du jeune homme a semblé troublé. Il s'est agenouillé sur le divan et a tenté de contacter une personne à l'aide de son téléphone, sans obtenir de réponse. Puis, après s'être adressé à une femme dans une autre pièce, il s'est recroquevillé près de la porte et a supplié les journalistes de quitter sa demeure.

Sur son compte Facebook, Samir Halilovic a indiqué se trouver en compagnie de Youssef Sakhir dans une pizzéria de la rue Sainte-Catherine le 7 avril dernier. Depuis, aucune autre publication donnant des informations sur l'endroit où il pourrait se trouver n'a été faite sur le média social, mais le 17 juillet, le jeune homme a mis en ligne la photo d'un lion, symbole des «serviteurs d'Allah». Les jihadistes du groupe État islamique se désignent souvent de cette façon.

Quant à Zakria Habibi, il est porté disparu depuis le 17 juillet dernier alors qu'il se trouvait en Turquie. Il est également ami Facebook avec Samir Halilovic et Youssef Sakhir.

Il a été impossible de recueillir les commentaires du SCRS et de la GRC, ni de son Équipe intégrée de sécurité nationale (EISN).

«Après vérification avec Ottawa et les hauts dirigeants de l'EISN, aucun nom n'a été ou ne sera dévoilé, jusqu'à avis contraire», a déclaré un porte-parole de la GRC à Montréal, Luc Thibault.

Notre bureau d'enquête a également tenté d'entrer en contact avec le président de l'Association des musulmans de l'Université de Sherboorke, Taleb Sabbek. Ce dernier, un chercheur à la Faculté de génie civil, n'a pas répondu.

- D'après une enquête de Hugo Joncas, Félix Séguin et Andrew McIntosh