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Un climat toxique pour le lobbyisme

TVA Nouvelles

Agence QMI

Jugé utile pour faire valoir des idées auprès des gouvernements, le lobbyisme risque-t-il d'être victime d'un climat toxique au Québec ?

L'Association québécoise des lobbyistes recevra l'avocat Sylvain Lussier, jeudi, pour en discuter. L'associé au cabinet Osler Hoskin Harcourt a été conseiller auprès de plusieurs commissions d'enquête, dont celle de John Gomery sur le scandale des commandites.

Selon Me Lussier, certaines des révélations faites en commission d'enquête ont heurté l'image de l'activité qui permet d'influencer élus et mandarins.

«Le lobbyisme a été plus affecté par ce qui s'est passé pendant la commission Gomery, raconte l'avocat. Jacques Corriveau faisait du lobbyisme sans avoir de permis et il y avait des lacunes dans la loi au moment où ça a été découvert. John Gomery avait demandé que l'on s'intéresse à ces questions-là.»

«Ces gens-là prétendaient avoir un accès privilégié au gouvernement et ils n'étaient inscrits nulle part, poursuit Me Lussier. Ils agissaient en toute impunité.»

Or, le portrait n'est plus le même qu'avant. L'inscription au registre des lobbyistes fait parfois des vagues. À un point tel que la commission Charbonneau sur la collusion et la corruption a découvert que parmi 39 grands constructeurs, aucun n'ose s'inscrire.

Le Québec a été encore plus loin en les forçant à se faire certifier par l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour obtenir des contrats publics.

«Les conseils d'administration doivent être plus blancs que neige, souligne Me Lussier. C'est étendu comme tentative d'assainir les moeurs.»

Dans le climat actuel, l'opération nettoyage peut-elle aller trop loin ?

«C'est toujours le risque. La commission Gomery a mené à la fermeture de la restauration à Ottawa, blague le juriste. Il est à peu près impossible d'inviter quelqu'un du gouvernement à une partie de hockey, même si c'est un copain.»

Le lobbyisme peut pourtant être exercé de façon saine et légale, avance Me Lussier. «Il demeure important d'avoir accès aux décideurs, de pouvoir leur parler et leur présenter un point de vue. On voit des excès de lobbyisme aux États-Unis mais je ne crois pas que nous en sommes là. Il faut continuer à le réglementer, sans bloquer l'accès.»