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St-Hubert appuie la lutte contre le cartel de l'UPA

TVA Nouvelles

Les petits agriculteurs demandent aux gouvernements de réformer la «gestion de l'offre» dans leur industrie et ils ont l'appui des restaurants St-Hubert.

L'Union paysanne lance une offensive publique sur le sujet mardi. Le groupe estime qu'il vaut mieux assouplir le système que d'attendre qu'il soit abattu.

En publiant une étude de 36 pages, obtenue en premier par le journal La Vie Agricole, l'Union relève les problèmes et suggère une «gestion de l'offre 2.0».

Établie afin de protéger les agriculteurs contre les fluctuations importantes de prix, la gestion de l'offre touche le lait, les oeufs, le poulet et les dindons.

Des quotas limitent la production. Avec le temps, ils ont bloqué l'accès au marché. Par exemple, un quota laitier qui valait 17 282 $ en 1998 s'échangeait contre 30 840 $ en 2006. Le nombre de fermes a chuté de 44% à 5894 pour la période s'étalant de 1998 à 2014.

Prendre le taureau par les cornes

L'Union paysanne fait neuf propositions pour assouplir le système. Elle croit que les jeunes, les régions, les producteurs bio et l'agriculture locale en bénéficieraient.

La valeur des quotas et le droit d'en détenir seraient plafonnés. La production hors quota augmenterait. Par exemple, il est interdit de produire plus de 100 poulets par année au Québec, contre 2000 en Alberta et en Colombie-Britannique. S'aligner sur l'Ouest n'aurait pas d'impact sur une production qui a atteint 380 millions de kilos en 2012.

«La solution est facilement applicable, explique Benoit Girouard, président de l'Union paysanne. Elle pourrait renverser la tendance de cartelisation.»

M. Girouard ne prêche pas l'abolition du système, pour ne pas effacer la valeur des quotas, un actif qui coûte cher. Par contre, il milite pour une réforme à long terme.

«Oui, il y aurait une deuxième et une troisième étape, dit-il. Il y aura des actions concrètes. Nous entendons rencontrer le ministre de l'Agriculture. Ça peut se faire rapidement, sans trop bousculer de gens.»

Appui de St-Hubert

L'étude de l'Union est cosignée notamment par Jean-Pierre Léger, PDG du Groupe St-Hubert, et Jean Nobert, ancien président de la Fédération des producteurs de lait. Jean Pronovost, ancien président de la commission sur l'avenir de l'agriculture, a aussi ajouté sa griffe.

Yanick Patelli, rédacteur en chef de La Vie Agricole, croit que le jeu en vaut la chandelle. «Pourquoi pas ? Dans un contexte où l'on veut revitaliser les régions, l'appui aux petites fermes ne serait-il pas une solution ?»

La concentration de l'industrie entraînerait d'autre part un manque de variété néfaste pour l'économie. Des transformateurs se tournent par exemple vers le beurre étranger pour obtenir les saveurs désirées.