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Les panneaux ne suffisent pas

Anne-Marie Provost

Mettre des panneaux de signalisation n'est pas suffisant pour faire respecter la limite de vitesse de 30 km/heure. C'est ce qu'affirme un chercheur, alors que l'idée d'implanter plus largement cette limite gagne en popularité à Montréal.

Les rues locales de l'arrondissement d'Outremont sont limitées à 30 km/heure depuis le 1er décembre. L'arrondissement a installé six panneaux promotionnels à certains endroits clés pour sensibiliser les automobilistes.

L'arrondissement du Sud-Ouest, qui doit de son côté l'implanter dans les prochaines semaines, prévoit également dix panneaux promotionnels aux entrées de l'arrondissement.

Cette stratégie est insuffisante, selon Jean-François Bruneau, qui est mandaté par le ministère des Transports pour élaborer un Code de la rue.

«J'ai participé à plusieurs études à Montréal et ailleurs qui démontrent qu'il y a une absence d'effet sur la vitesse s'il y a juste un changement de panneau. Des aménagements ont plus d'impacts, et la présence policière encore plus», a affirmé celui qui travaille à la Chaire de recherche en mobilité de l'École polytechnique de Montréal

Selon lui, les panneaux sont une mesure «moins coûteuse» pour les arrondissements et qui «donne de l'éclat».

«C'est vrai que simplement mettre des panneaux ne fera pas respecter la vitesse, c'est ce que le SPVM nous a dit. Mais nous avions déjà des aménagements préalables, comme des saillies de trottoir, dans quelques rues», a précisé Sylvain Leclerc, chargé de communication à Outremont.

Il ajoute que le secteur est très résidentiel, ce qui facilite un abaissement de la limite de vitesse.

Le Sud-Ouest formule de son côté le souhait qu'il y ait une présence policière accrue.

Approche uniforme

Jean-François Bruneau estime qu'il faut une approche uniforme dans les rues et suggère de s'inspirer de certains pays d'Europe en implantant progressivement des «zones 30».

Les zones 30 sont des périmètres clairement délimités qui peuvent comporter des saillies et îlots de béton pour réduire la largeur des rues et un rehaussement de la visibilité des passages piétons.

«Il faut une approche cohérente et un aménagement qui suggère aux conducteurs de respecter la limite de vitesse. Toutes les rues limitées à 30 km/heure devraient se ressembler. C'est pour ça que les zones 30 sont fonctionnelles», a précisé le chercheur, qui a séjourné dans plusieurs villes européennes.

L'entrée et la sortie de ces zones sont également identifiées par des panneaux. «Il y a un changement dans l'environnement, on sent vraiment qu'on entre dans une zone spécifique», a-t-il dit.