/news/homepage

Coiteux en a assez d'entendre parler «d'austérité»

Marc-André Gagnon

Comment peut-on parler «d'austérité» alors que le gouvernement quadruple ses investissements dans les infrastructures et que les syndicats des employés de l'État réclament ni plus ni moins qu'une explosion de la masse salariale.

C'est la question soulevée par le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, devant les délégués du congrès de l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec réunis mercredi au Château Frontenac.

Selon M. Coiteux, répondre positivement à l'ensemble des demandes syndicales ferait exploser la masse salariale de l'État de plus de 10,8 milliards$.

Une telle somme équivaut aux intérêts déjà versés sur la dette du Québec, correspond à trois fois l'argent consacré au système des centres de la petite enfance et presque tout ce qui est payé en rémunération dans le réseau de la santé dans une seule année.

«Il y a des limites [...] on ne peut pas étirer l'élastique à l'infini», a signalé le président du Conseil du trésor.

Autrement, il faudrait une fois de plus renoncer à l'équilibre budgétaire, creuser encore le déficit ou hausser les impôts, a résumé M. Coiteux.

«Est-ce que les contribuables du Québec ont les moyens dans l'état actuel des choses de payer ces 10,8 milliards$ supplémentaires récurrents chaque année d'ici trois ans? La réponse est simple : non.»

D'autant plus que l'état des infrastructures publiques pose toujours d'importants défis, notamment en termes d'investissements.

Rigueur

Préférant utiliser le mot «rigueur» à «austérité», le ministre Coiteux a expliqué que «la discipline» à laquelle s'affaire le gouvernement n'exclue pas d'investir dans les infrastructures.

À preuve, le Plan québécois des infrastructures 2014-2024 totalisant 90,3 milliards$ présenté en juin dernier.

«Seulement cette année, on prévoit investir un montant qui est record, de 11,5 milliards$», a souligné le président du Conseil du trésor.

«Quand on me parle d'austérité, j'ai un petit mouvement de recul, j'ai un peu de mal à concilier 11,5 milliards$ d'investissements en infrastructures, alors qu'on en faisait quatre fois moins il n'y a pas si longtemps. J'ai beaucoup de mal à réconcilier ça avec une quelconque idée que le Québec vivrait une période d'austérité. Je pense qu'on doit se parler franchement.»