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Nébuleuse démission au CA d'Hydro-Québec

Michel Morin

Après les démissions des nos 1 et 2 d'Hydro-Québec, notre Bureau d'enquête a appris que Michel Plessis-Bélair, vice-président du Conseil d'administration de Power Corporation du Canada, a aussi quitté subitement le conseil d'administration d'Hydro-Québec.

Son départ apparaît d'autant plus mystérieux, que la responsable des affaires publiques de la société d'État, Isabelle Thellen, a refusé depuis mercredi dernier, malgré plusieurs courriels, de confirmer la date exacte de son départ.

Ce n'est qu'après l'intervention du nouveau président Michael Penner, que Mme Thellen a finalement confirmé que Michel Plessis-Bélair avait quitté le conseil d'administration le 11 novembre dernier.

Son départ n'a fait l'objet d'aucun communiqué interne. Sur le site de la Corporation Power, il se présente toujours comme administrateur à Hydro-Québec.

Michel Plessis-Bélair et le PLQ

En 2004, immédiatement après l'élection du gouvernement Charest, Michel Plessis-Bélair dont le nom apparaît au 3e rang, après les deux frères Desmarais, parmi les administrateurs de Power Corporation, avait été nommé administrateur pour le conseil d'administration d'Hydro-Québec.

Le 7 avril dernier, son 2e mandat qui n'a jamais fait l'objet d'un décret prenait fin le jour même de l'élection du gouvernement Couillard, mais Michel Plessis-Bélair avait continué de siéger au conseil.

Intervention de PKP

Coïncidence ou pas, le 12 novembre dernier le lendemain de sa démission, Pierre Karl Peladeau sur sa page Facebook, faisait allusion à la présence de Michel Plessis-Bélair au conseil d'administration d'Hydro-Québec.

Il écrivait alors: sa «principale occupation est d'être un très haut dirigeant de Power Corporation... Il y a là un véritable et problématique conflit d'intérêts». Puis de renchérir: «Messieurs Legault et Couillard nous feront (ils) des gorges chaudes à ce sujet? Voudront-ils convoquer une commission parlementaire pour connaître l'influence d'un groupe industriel important sur la politique énergétique du Québec?»

Un CA en manque d'administrateurs

Depuis son élection le gouvernement Couillard a nommé quatre administrateurs au Conseil d'administration d'Hydro-Québec, soit Laurent Ferreira, Yvon Marcoux, Éric Forest et Gilbert Charland. Quatre sièges sont toujours libres.

Il s'agit là d'une situation sans précédent. Depuis 2005, il y a toujours au moins 15 des 17 sièges représentés par des administrateurs nommés par le gouvernement.

Pour Michel Nadeau de l'Institut de la gouvernance «il est impérieux que le gouvernement procède le plus rapidement possible à la nomination de tous les administrateurs». Et il ajoute: «Il ne faudrait pas hésiter à aller chercher au Québec ou à l'étranger le meilleur candidat possible pour remplacer Thierry Vandal».