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Le contrat de location annulé

TVA Nouvelles

L'arrondissement d' Outremont, à Montréal, a annulé la remise de diplômes en loi islamique de l' Académie de la charia, la MISHKA, qui était prévue samedi dans un local de la ville.

La décision a été prise en raison du reportage diffusé à l'émission J.E. sur les ondes de TVA vendredi.

La mairesse d'arrondissement, Marie Cinq-Mars, a déclaré samedi que l'arrondissement n'acceptait pas en général les événements religieux et politiques, même si «ce n'est pas écrit comme tel». Elle a ajouté que les règles allaient être resserrées.

«Le contexte est différent, tant à Outremont, à Montréal, Québec et au Canada. Effectivement, on va resserrer les règles à ce niveau-là. Les consignes ont été claires. Elles le seront encore plus.»

Le chargé de communication de l'arrondissement d'Outremont, Sylvain Leclerc, a expliqué à l'Agence QMI que la demande de réservation au Centre communautaire d'Outremont mentionnait bel et bien une remise de diplômes, «mais rien sur cette base qui aurait pu alarmer l'arrondissement».

C'est en apprenant dans le reportage que deux imams radicaux, Salah Assawy et Omar Shahin, devaient prendre part à l'événement qu'Outremont a décidé d'annuler la réservation.

L'imam Assawy, d'origine égyptienne, est le secrétaire général de l'Assemblée des musulmans juristes d'Amérique, une organisation connue pour ses avis religieux parmi les plus radicaux.

Elle invite notamment au jihad contre l'Occident et elle justifie la mutilation génitale des femmes. Dans un de ses avis publics, elle autorise le viol marital: «Quant à la question de forcer une épouse à avoir des rapports sexuels, ce ne serait pas un viol. [...] La femme qui refuse commet un grand péché».

L'imam Omar Shahin est un fervent promoteur de la charia, la loi islamique qui prévoit notamment la lapidation en cas d'adultère. Selon lui, les musulmans devraient d'ailleurs refuser d'obéir aux lois occidentales.

La décision de l'arrondissement a provoqué des réactions. Pour l'Association des musulmans et Arabes pour la laïcité, cette décision est inacceptable du point de vue démocratique, même s'il est important de contrer le discours intégriste.

«On pense que c'est très important de contrer ce discours-là [...] Mais on pense que la décision de la Ville n'est pas du tout, d'un point de vue démocratique, acceptable», a déclaré Haroun Bouazzi, un représentant de cette association, qui s'inquiète des réactions politiques, comme le refus d'une mosquée par le conseil municipal de Shawinigan.

«Les réactions politiques qui consistent à interdire la visibilité des représentations d'une réalité - au Québec, il y a 3% de musulmans - pour nous, sont un danger grave. On vient de sortir de l'État de droit», a-t-il conclu.