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Syndicats, patronat, Couillard : même bateau

Michel Girard

Agence QMI

2015 s’annonce comme l’année de la grande réflexion pour relancer l’économie, l’emploi et l’entrepreneurship au Québec.

Pendant que le Conseil du patronat lançait hier matin sa campagne «Prospérité.Québec», les grandes centrales syndicales (CSN, CSD, FTQ, CSD) réclamaient dans l’après-midi la tenue d’un «grand rendez-vous» sur la relance économique.

Les représentants des employeurs et des employés syndiqués s’entendent au moins sur un objectif commun: il faut sortir le Québec de sa léthargie économique. Il faut mettre fin au climat de morosité et de pessimisme que le premier budget du nouveau gouvernement Couillard a généré avec ses coupes budgétaires de plusieurs milliards de dollars.

Le gouvernement Couillard aura beau clamer sur tous les toits qu’il a mis en place un plan de rigueur budgétaire, il n’en demeure pas moins que les mesures de redressement des finances mises en place constituent un vaste plan d’austérité gouvernementale.

Et qui dit austérité dit risques accrus de mises à pied, de décroissance économique, de fermeture d’entreprises, de réduction de services gouvernementaux, etc.

DES MESURES

À mon tour d’être positif. Devant le désir commun des syndicats et des entrepreneurs de vouloir sortir le Québec du marasme économique, il ne reste qu’à passer concrètement à l’action puisque les deux parties veulent le bien de tous les Québécois.

À quoi je m’attends, comme gestes concrets?

Du côté des syndicats, ils devront accepter de réduire sensiblement leurs demandes dans le cadre des présentes négociations du renouvellement des conventions collectives dans les secteurs public et parapublic, question de contribuer à l’assainissement des finances du gouvernement du Québec.

Du côté des entrepreneurs, il serait grand temps qu’ils commencent à réinvestir une partie des milliards de liquidités qu’ils ont engrangées au fil des années.

Nul doute que le premier budget du gouvernement Couillard s’est certes avéré douloureux pour les entreprises qui ont subi les dramatiques coupes de crédits d’impôt. Mais ce n’est pas en continuant de s’apitoyer sur leur sort qu’elles vont trouver la solution pour se sortir de cette mauvaise passe.

SCÉNARIO IDÉALISTE

Devant la bonne volonté des syndicats et des entrepreneurs de relancer l’économie du Québec, il ne reste plus au gouvernement Couillard qu’à mettre l’épaule à la roue économique en déposant un prochain budget axé cette fois sur la prospérité et non sur l’austérité.

J’admets qu’il y a ici de quoi confondre même les plus optimistes tellement un tel scénario axé sur la «bonne volonté» des syndicats, des entrepreneurs et du gouvernement Couillard s’avère difficile à réaliser.

Mais quand on est tous dans le même bateau, on a certes avantage à ramer dans la même direction!