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Denis Bisson, l’homme qui aimait la pierre

TVA Nouvelles

Denis Bisson a amorcé sa carrière dans le domaine des couvre-planchers pendant sa troisième année du secondaire. Le futur propriétaire de L’Ardoisière posait de la céramique pour mettre de l’argent de côté dans le but de financer ses études en administration.

Il est aujourd’hui à la tête d’une PME, qui fabrique des comptoirs de cuisine, des marches et des tuiles en ardoise pour recouvrir des planchers, des murs et des foyers. L’entrepreneur exploite même sa propre mine d’ardoise, en Nouvelle-Écosse.

M. Bisson a eu un coup de foudre pour l’ardoise après l’ouverture de son magasin de couvre-planchers, au début des années 1990. «Je me suis aperçu que l’ardoise canadienne était d’une qualité aussi grande que celle qu’on trouve en Europe. De l’ardoise, il y en a beaucoup dans le monde mais dans plusieurs pays comme l’Inde, la Chine et le Brésil elle est friable car elle contient trop de fer», a exprimé l’homme d’affaires.

L’ardoise du Canada se distingue car elle est imperméable. Un toit en ardoise canadienne peut durer 400 ans, selon M. Bisson. «Des maisons d’une centaine d’années, à Westmount, ont toujours leur toiture en ardoise», a-t-il dit.

Le personnel de L’Ardoisière fait beaucoup d’éducation auprès de la clientèle québécoise, au magasin de Prévost, dans les Laurentides, et dans des salons de l’habitation.

L’entreprise québécoise se bat contre la mauvaise réputation que le produit a acquise au cours des dernières décennies. «On doit expliquer les propriétés de l’ardoise locale. Ceux qui ont acheté de l’ardoise chinoise doivent souvent mettre du scellant car elle s’effrite», a dit Denis Bisson.

Après quelques années, la croissance des ventes d’ardoise était tellement importante que M. Bisson a choisi d’abandonner la céramique et d’acheter sa propre carrière. Il a opté pour la Nouvelle-Écosse car le gisement offrait une belle variété de couleurs.

«J’aime me comparer à un ébéniste. Il aime mieux travailler avec du vrai bois qu’avec de la mélamine. Moi, je préfère travailler avec de la vraie pierre qu’avec de la céramique», a-t-il illustré.

Les employés de L’Ardoisière n’utilisent pas de dynamite pour extraire l’ardoise. Ils détachent des blocs de 30’x30’x30’avec des câbles diamantés. Les pièces sont ensuite transportées par camion jusqu’à Prévost, où l’ardoise est triée par couleurs et par longueur avant d’être transformée.

M. Bisson aime donner un aspect contemporain à ses produits. Par exemple, il découpe des tuiles de plancher de 48’’ de long. Comme l’ardoise offre une bonne conductivité, la matière est excellente pour fabriquer des planchers chauffants.

L’Ardoisière a même commencé à fabriquer des copeaux d’ardoise avec les résidus qui se détachent lorsque les cubes sont découpés. Les copeaux sont vendus dans des centres jardins comme substituts aux paillis traditionnels étendus dans des plates-bandes.

«Ça fait toute une différence dans la rentabilité de l’entreprise et en plus c’est un produit écologique», a dit M. Bisson, soulignant qu’un sac de 40 livres se vend près de 17$. Le produit est distribué par une trentaine de pépinières au Québec et il fera son entrée chez Canadian Tire, le printemps prochain.

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Profil de l’entreprise

- L’Ardoisière

-Domaines d’affaires : fabrication de comptoirs, de marches et de tuiles en ardoise

-Basé à : Prévost

-Actionnaire : Denis Bisson

-Revenus : 1 M$

-Employés: 15, en incluant la carrière

-Site web : ardoisiere.ca