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Les tarifs d'Hydro-Québec montent de 2,9% en avril

TVA Nouvelles

La Régie de l’énergie a annoncé lundi qu’elle autorise une hausse moyenne des tarifs d’Hydro-Québec de 2,9 % et de 2,5 % pour le tarif des grandes industries (tarif L) dès le 1er avril.

Cette nouvelle vient confirmer les informations de notre Bureau d’enquête qui avait révélé vendredi que les tarifs d'électricité du secteur résidentiel allaient augmenter.

La Régie justifie cette augmentation tarifaire par les coûts des approvisionnements attribuables aux programmes d’achats du gouvernement du Québec.

«Il s’agit majoritairement de la mise en service des parcs éoliens et, dans une moindre mesure, des projets de production à partir de la biomasse et de petites centrales hydroélectriques. Ces nouveaux approvisionnements contribuent à l’augmentation tarifaire pour environ 2,1 % sur les 2,9 % autorisés par la Régie», est-il écrit dans le sommaire de la décision publié lundi.

Hydro-Québec demandait la permission de hausser les tarifs de 3,9 %, la Régie a contenu la hausse, à la satisfaction de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), mais même amoindrie, le tout ne sera pas sans impacts.

«L’augmentation des coûts énergétiques pousse à la hausse le prix des produits et services que nous achetons, en plus de réduire la compétitivité de nos entreprises», a fait observer Simon Gaudreault, économiste principal à la FCEI.

Olivier Bourgeois, coordonnateur en énergie et responsabilité sociétale à Option consommateurs, souligne quant à lui qu’une partie des coûts que doivent aujourd’hui assumer les contribuables sont directement liés à des décisions politiques liées à la filière éolienne.

«Ces contrats constituent essentiellement des commandes politiques afin de favoriser le développement de certaines régions du Québec, lesquels sont subventionnés par les hausses de tarifs d'électricité. Ce n'est pas aux consommateurs d'électricité de payer pour ça», a dénoncé M. Bourgeois.

Tout en appuyant le développement régional associé à la percée de l’éolien, la FCEI lui reconnaît aussi un certain effet pervers.

« Sur les 2,9 % d’augmentation décrétés aujourd’hui, 2,1 points de pourcentage, soit près du trois quarts, sont liés à l’éolien. Même si nous appuyons le développement de l’économie dans les régions du Québec, il faut trouver des moyens de le rendre encore plus profitable à l’ensemble des Québécois», a nuancé Martine Hébert, vice-présidente principale de la FCEI.

La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) a déploré pour sa part que la Régie ait accordé des hausses supérieures à l’inflation à Hydro-Québec.

«Pour les propriétaires de logements, les hausses de loyer accordées sont maintenues à des taux systématiquement en bas du coût de la vie. Il y a deux poids, deux mesures», a questionné le porte-parole Hans Brouillette

Vers une atténuation du choc?

Option consommateurs redoute les impacts qu’aura cette bonification tarifaire sur les ménages qui éprouvent déjà des difficultés financières.

«Avec les nouvelles hausses de tarifs, les Québécois auront encore plus de mal à respecter leurs obligations. À la demande de la Régie de l'énergie, Hydro-Québec devra s'entendre avec les associations de consommateurs pour l'établissement de nouveaux partenariats afin d'aider les ménages en difficultés de paiement», a souligné M. Bourgeois.

À cet effet, la Régie de l’énergie a approuvé un budget de 25,8 millions $ qu'Hydro-Québec veut réserver pour bonifier son offre de service auprès de ses clients à faibles revenus. Des ententes de paiement, déjà offertes, servent précisément à aider les clients en difficultés. Hydro suggère de mettre de l’avant la «notion de taux d’effort» qui leur permettra d’acquitter leur facture et d’effacer graduellement les dettes accumulées.

En ce qui concerne les propriétaires, la Régie leur accorde une réduction des frais de remise sous tension qui passeront de 361 $ à 50 $ dès le 1er avril. Ces frais étaient exigés lorsqu’un locataire quittait, se désabonnait d’Hydro-Québec ou déguerpissait de son logement en laissant son compte entre les mains du propriétaire.

Les nouveaux compteurs permettant d’interrompre à distance, font en sorte que ces frais de 361 $ ne sont plus justifiés a résumé la CORPIQ. Cette réduction, pour la remise sous tension, s’appliquera aussi aux résidences unifamiliales, à la condition d’avoir un compteur de nouvelle génération.

Des hausses de plus 7 % évitées

L’hiver rigoureux de 2013-2014 a forcé Hydro-Québec à faire des achats d’énergie supplémentaires sur les marchés de court terme. Concrètement, pour répondre à la demande énergétique, la société d’État a terminé avec des dépenses supplémentaires et se traduit par un solde de 222 millions $.

Pour limiter la hausse tarifaire, qui aurait pu atteindre 7,6 % pour l’ensemble des tarifs, Hydro a proposé d’amortir cette récupération sur une période de cinq ans. Le choc de l’augmentation des tarifs sera donc moindre. Compte tenu des sommes importantes en jeu, la Régie de l’énergie a accepté de donner son aval à cet étalement.