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SAVOURA condamnée pour congédiement illégal de travailleurs guatémaltèques

TVA Nouvelles

Agence QMI

Deux travailleurs guatémaltèques viennent de remporter une importante victoire qui pourrait changer les relations de travail entre les ouvriers et les producteurs agricoles québécois.

En effet, après cinq ans de procédures judiciaires menées contre l’entreprise SAVOURA pour congédiement injustifié, les travailleurs guatémaltèques ont gagné leur cause contre le producteur de tomates.

« Je suis satisfait du jugement rendu », a déclaré l'un des travailleurs, Noé Arteaga.

Toutefois, les difficultés financières de la compagnie risquent de ne pas leur permettre de recevoir des compensations.

Les travailleurs réclament l’annulation du congédiement, leur réintégration avec tous leurs droits et privilèges, y compris le remboursement de tout salaire perdu, une compensation pour les dommages découlant de la discrimination subie, incluant le préjudice moral ainsi que des dommages punitifs.

«Dans cette situation, je réclame des garanties pour que le jugement prononcé en ma faveur soit appliqué», ajoute son collègue Santos Isaïa Castillo.

Un cas type

Le syndicat des TUAC, local 501,  qui a défendu le dossier avec l’avocate Kim Bergeron, se réjouit que cette décision envoie un message clair aux producteurs agricoles.

« Le jugement reconnaît qu’on ne peut pas faire n’importe quoi avec les travailleurs migrants et les retourner dans leur pays, comme si c’était de la marchandise. Cette décision vient confirmer qu’on ne peut pas congédier sans motif raisonnable », explique Michel Tardif, porte-parole des TUAC.

On se souviendra que Noé Arteaga et Santos Castillo étaient venus au Québec dans le cadre du Programme de travailleurs étrangers temporaires, en 2008. Ils ont été renvoyés vers le Guatemala avant la fin de leur contrat.  M. Arteaga croit que le rôle qu’il a joué dans l’organisation d’une courte grève afin de réclamer qu’un collègue malade ait accès à des soins médicaux fut une raison de son renvoi. Les deux hommes ont alors porté plainte contre la compagnie SAVOURA.

De son côté,  SAVOURA a argumenté avoir appris que des travailleurs avaient reçu des menaces de mort de la part des plaignants. Divers incidents auraient exacerbé les tensions entre les travailleurs dans les semaines précédentes.  L’entreprise a pris conseil auprès du consulat du Guatemala qui a alors décidé de retourner Arteaga et Castillo dans leur pays, avant la fin de leur contrat.

Congédiement illégal

En décembre dernier, Me Francine Lamy, du tribunal d'arbitrage, a statué que SAVOURA  avait agi sans cause juste et suffisante.

 « Je suis agréablement surpris des conclusions de l’arbitre Lamy. J'espère que cette décision incitera davantage de Guatémaltèques à dénoncer les traitements discriminatoires qu'ils subissent », a ajouté M. José Sicajau, le président d'AGUND (Asociacion de los Guatemaltecos y Guatemaltecas Unidos por Nuestros Derechos).

D’autres manquements

Il y a quelques jours, SAVOURA a également été interpellée pour ne pas avoir remboursé les frais de déplacements par avion des travailleurs guatémaltèques auprès de l’organisation FERME. Cette dernière n’a pas commenté la décision d’arbitrage.