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Vers une meilleure récupération du verre ?

TVA Nouvelles

Agence QMI

Enfouir le verre destiné au recyclage n'est pas l'idée du siècle, selon l'organisme Recyc-Québec lui-même, mais les solutions de rechange à adopter ne font pas l'unanimité.

À la lecture des données d'une étude, Recyc-Québec affirme, mardi, qu'il vaut mieux recycler le verre et le mettre en valeur que de se limiter à son utilisation actuelle.

Pour l'heure, 57% du verre déposé dans des bacs de recyclage remplace le sable et le granulat comme matériau de recouvrement dans des sites d'enfouissement. C'est le cas depuis la fermeture de l'usine de conditionnement de verre de Klareco à Longueuil en 2013.

D'une part, des groupes militants croient que le verre est trop difficile à récupérer lorsque mêlé à d'autres matières dans les bacs.

«Il y a énormément de contamination par des bouchons, des piles et des morceaux de téléphone cellulaire, estime Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour la gestion écologique des déchets. Il faut faire le traitement du verre [pour le récupérer].»

M. Ménard est en désaccord complet avec la «valorisation» dans les sites d'enfouissement, notamment pour des raisons financières. «Le matériel n'est pas comptabilisé comme de l'élimination. La redevance de 20 $ la tonne n'est payée par les municipalités. Le Québec perd de l'argent avec cela.»

Par contre, Karel Ménard ne dit pas aux gens d'arrêter de mettre leurs bouteilles de vin et cruchons au recyclage. Il propose de mieux séparer les matières recyclables et d'instaurer la consigne des bouteilles vendues par la Société des alcools du Québec. L'Ontario récupère 80% des bouteilles de vin et spiritueux de cette façon.

«On viendrait de régler une grosse partie du [problème]», lance M. Ménard.

Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain, réagit Louise Fecteau, porte-parole du regroupement Bacs+, qui comprend des entreprises de recyclage, la SAQ et des embouteilleurs.

L'envoi de verre aux sites d'enfouissement serait temporaire.

«Tout le monde a convenu qu'il fallait faire quelque chose pour se débarrasser du verre qui s'accumulait [sans être traité], le temps que des solutions soient trouvées.»

Une solution plus viable serait la nouvelle usine de Tricentris, qui est en rodage à Lachute. Elle permettrait notamment de remplacer une partie du ciment dans de la fabrication de béton.

«L'idée est de pouvoir utiliser tout le verre trié dans leurs centres, avec une intégration parfaite», signale Mme Fecteau.

Selon elle, la consigne «chamboulerait complètement les habitudes en demandant aux citoyens de se promener avec des bouteilles, alors que le problème n'est pas là.»

La menace d'une consigne freinerait aussi l'investissement des entreprises qui ont besoin de se moderniser.

«De petits centres de tri ont des problèmes avec l'ensemble des matières et il faut régler ce problème, indique Mme Fecteau. La majorité des 34 centres peuvent faire quelque chose avec le verre [contaminé].»