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Éducation: les pires compressions depuis 20 ans

Daphnée Dion-Viens

Le retour à l'équilibre budgétaire se fera sur le dos des élèves, affirment les acteurs du réseau de l'éducation.

Les commissions scolaires estiment le manque à gagner à 350 millions $, ce qui représente les pires compressions depuis près de 20 ans.

Selon la Fédération des commissions scolaires, la faible augmentation de 0,2 % de leur budget ne permet pas de couvrir les coûts de système, évalués à 3 %. Les coupes dans les services directs aux élèves seront inévitables, prévient-on. Depuis six ans, le réseau scolaire public a dû jongler avec des compressions de plus de 1 milliard $.

Les écoles privées recevront, de leur côté, 2 millions $ de moins que l'an passé.

Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, reconnaît que tous sont appelés à faire leur part. Mais «les marges de manœuvre qu'on va se constituer au cours des prochaines années vont aller, en priorité, à un secteur comme l'éducation», a-t-il affirmé.
Cégeps et universités

Par ailleurs, les cégeps ont droit à un gel de leur financement, puisque la coupe de 21 millions $ annoncée l'automne dernier est confirmée. Ils devront donc absorber eux-mêmes les coûts de système. «Pour l'éducation, c'est le budget du désengagement», a lancé Alexis Tremblay, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec.

Le réseau universitaire écope de son côté d'une coupe nette de 73 millions $ selon les crédits budgétaires, si on tient compte de la ponction de 31 millions $ déjà prélevée au cours de l'année passée. Ce manque à gagner s'ajoute aux compressions record de 200 millions $ imposées en 2014-2015. «On est en train de démolir le réseau universitaire», a affirmé Jonathan Bouchard, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec.

Le Parti québécois a vivement dénoncé les compressions dans le réseau de l'éducation. Selon la Coalition avenir Québec, les hausses de taxes scolaires seront inévitables.