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L'Estrie peine à garder ses nouveaux arrivants

Josée Cloutier

Reconnue comme une terre d'accueil pour les immigrants, l'Estrie perd la majorité d'entre eux. Faute de travail ou d'une reconnaissance de leurs acquis, les nouveaux arrivants quittent pour une autre région du Québec ou même pour une autre province canadienne.

Le taux de rétention des immigrants dans la région est d'à peine 21%, l'un des plus faibles de tout le Québec.

«Il y a plusieurs hypothèses que nous analyserons, mais parmi elles, il y a le manque d'adéquation entre le profil des personnes immigrantes qui arrivent ici et les besoins du marché du travail», explique Mohamed Soulami, directeur général d'Actions interculturelles de développement et d'éducation (AIDE).

L'organisme vient de publier une analyse à partir des données ethnoculturelles des derniers recensements. De 2006 à 2010, l'Estrie a accueilli 5667 immigrants. En 2011, 4400 étaient partis.

«C'est vrai que nous avons un problème de rétention. Il faut que les gens travaillent. Si les gens ne travaillent pas, ils vont chercher à aller ailleurs et c'est normal. Je ferais la même chose», affirme Denis Marceau, président du conseil d'administration du Service d'aide aux Néo-Canadiens.

À la veille de son 44e Buffet des nations, qui aura lieu le 2 mai prochain, l'organisme se donne comme défi de faire basculer la récente statistique.

«Je compte beaucoup sur notre projet de réseautage et de parrainage pour que les gens qui arrivent ici brisent rapidement leur isolement», croit monsieur Marceau.

Vagner Tortelli, 28 ans, originaire du Brésil, est arrivé en Estrie dernièrement. L'ingénieur mécanique souhaiterait pouvoir trouver un emploi dans la région.

«J'aimerais travailler dans la créativité et l'innovation».

L'objectif est réaliste, mais pour lui comme pour d'autres, Québec devra faciliter la reconnaissance des acquis pour espérer garder un plus grand nombre d'immigrants.

«Souvent au Québec, on a beaucoup de métiers réglementés. C'est difficile pour les personnes immigrantes d'accéder à un ordre professionnel par exemple. C'est long, coûteux et fastidieux alors c'est pour cela que beaucoup de gens quittent», estime le conseiller en emploi du Service d'aide aux Néo-Canadiens Charles Biron.

«L'ensemble des acteurs de la région devront travailler main dans la main pour assurer un continuum de services», ajoute monsieur Soulami.

Vagner aimerait déjouer la statistique.

«On se retrouvera lorsque j'aurai trouvé un emploi!»

Le rendez-vous est donné!