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Le démantèlement de Bombardier ?

Michel Girard

Est-ce possible que Bombardier vende sa division Bombardier Transport ?

Dans le monde de la Bourse, tout est possible quand l’enjeu porte sur une question de gros sous. Et ici on parle d’une division que des analystes boursiers évaluent autour des cinq milliards de dollars.

La multinationale Bombardier renferme deux divisions : Bombardier Aéronautique et Bombardier Transport. Chacune des deux divisions rapportent des revenus annuels de l’ordre de 10 milliards chacune.

En Bourse, à l’heure actuelle, la capitalisation boursière de Bombardier ne s’élève qu’à 5,6 milliards. Mettez-vous à la place des actionnaires de contrôle de la compagnie, soit  les familles Bombardier / Beaudoin. Une seule des deux divisions de la compagnie pourrait valoir sur le marché des fusions / acquisitions autant que l’ensemble de l’entreprise…

Qui dit que les familles Bombardier / Beaudoin ne cherchent pas à se départir de leur empire… Je vous rappelle que l’homme clé de Bombardier, Laurent Beaudoin, n’occupe plus que le poste de président émérite du conseil et que son fils, Pierre Beaudoin, a cédé son poste de président et chef de la direction pour se contenter de devenir président exécutif du conseil d’administration.   

SURVEILLONS LES CHINOIS

Hier, l’agence Reuters  affirmait que les deux plus importants constructeurs de matériel ferroviaire chinois, CNR et CSR « ont discuté avec Bombardier » d'une possible prise de contrôle de son segment ferroviaire. Une telle acquisition permettrait à ces entreprises chinoises de vendre à l'étranger leur technologie de trains à grande vitesse.

Notez que les négociations officielles entre Bombardier et les deux compagnies chinoises ne peuvent s’entamer avant qu’elles aient elles-mêmes conclu leur propre fusion d’activités, dans le cadre d’une transaction globale de 26 milliards US.  La fusion de CNR et CSR en fera la plus grande société de construction de matériel ferroviaire au monde. La clôture de cette méga transaction chinoise devrait avoir lieu en mai.

Pour donner de la crédibilité aux rumeurs de vente de Bombardier Transport, n’oublions pas que le 12 février dernier, lors de l’annonce du remplacement de Pierre Beaudoin à la tête de l’entreprise par Alain Bellemarre, Bombardier avait également annoncé qu’elle étudiait « la possibilité que certaines activités commerciales participent au regroupement » qui s’opère dans l’industrie.  Bref, la haute direction de Bombardier semble nettement ouverte aux discussions portant sur les fusions et acquisitions dans leur domaine.

L’ASSURANCE DE DAOUST

Le 10 avril dernier, le ministre de l’économie, Jacques Daoust, affirmait que Pierre Beaudoin, le président du conseil d’administration de Bombardier l’avait assuré que la division Transport n’était pas à vendre.

Mais le ministre ajoutait qu’il y a présentement « un mouvement mondial de consolidation dans l'industrie du transport et il n'est pas exclu que Bombardier participe » à cette réorganisation.

Si j’étais à la place du ministre Daoust, je surveillerais davantage les « négociations » entre Bombardier, les multinationales chinoises et européennes.

Le Québec n’a pas les moyens de perdre Bombardier Tansport ni Bombardier Aéronautique.