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De plus grandes inégalités au Québec

TVA Nouvelles

Agence QMI

Les inégalités se sont creusées depuis 1999 au Québec, les ménages les plus pauvres n'arrivant pas à améliorer leur sort aussi vite que les plus riches.

Une étude de l'Institut de la statistique du Québec relève deux réalités financières chez les Québécois.

Dans l'ensemble, ils se sont enrichis de 1999 à 2012. La médiane de leur valeur nette (avoirs moins les dettes) a progressé de 97,5% à 197 900 $.

Par contre, les moins nantis n'en ont pratiquement pas profité.

La première tranche de population, la moins riche, a vu sa valeur nette médiane progresser de moins de 1% à 1800 $. Dans la deuxième tranche, la valeur a progressé de 41% à 42 400 $.

Les plus riches se sont enrichis beaucoup plus vite.

La quatrième tranche de population a vu sa valeur nette bondir de 98% à 488 100 $ tandis que la cinquième a bénéficié d'un gain de 85% à 1,17 M$.

Ces données sont le résultat d'un boom immobilier, indique Nicolas Zorn, analyste de politiques à l'Institut du nouveau monde.

«La croissance économique n'a pas profité à tout le monde également, mais elle a profité à tout le monde, dit-il. […] Le revenu augmentait dans toutes les catégories d'âge. Ceci étant, nous sommes arrivés au bout de ce boom.»

Les plus fortunés ont vu leurs revenus augmenter plus rapidement, ce qui explique les écarts. «En 1993, indique M. Zorn, il était d'un peu plus de 300 000 $ par année et en 2012, il était de 475 000 $. Avoir plus d'argent leur permet d'investir dans des actifs qui rapportent.»

Contrairement aux États-Unis, les politiques québécoises minimiseraient ces inégalités.

«Nous avons des politiques de marché du travail plus inclusives avec les garderies, les congés parentaux et surtout, des lois plus contraignantes par rapport aux vacances, aux congés maladie et à la syndicalisation», souligne le chercheur.

La propriété et le régime d'employeur

L'étude de l'ISQ donne par ailleurs un éclairage sur le patrimoine des Québécois.

Les maisons ont gagné 89% de valeur médiane, à 234 200 $ en 2012. Il s'agit de 43,7% des avoirs détenus.

Les régimes de retraite privés, surtout ceux des employeurs, ont effectué un gain de 80% pour une médiane de 111 400 $.

La composition de l'endettement est restée stable. Les hypothèques occupent les trois quarts du terrain, contre le quart pour le crédit à la consommation.

Le recours à la marge de crédit est toutefois en forte hausse. Si 15% des ménages s'en servaient à la fin des années 1990, la proportion a grimpé à 21% en 2012. Le solde médian était en hausse de 159% à 9600 $, pour un poids de 11% sur l'endettement total.

Le prêt automobile est aussi en croissance. Un ménage sur cinq en avait un en 1999, contre plus du tiers en 2012.

En matière d'épargne, le CELI gagne en popularité. Le tiers des familles s'en sert pour mettre de l'argent de côté.