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Un producteur avicole lève le voile sur la détresse psychologique

Andréanne Larouche

Un producteur avicole du nord-ouest du Nouveau-Brunswick lève le voile sur la dure réalité de ce milieu et sur la détresse psychologique.

Jean-Paul Ouellet raconte son histoire dans l'espoir de démontrer l'importance d'accepter de l'aide et de ne pas sacrifier ce qui rend heureux.

«J'avais réussi ma vie en affaires, mais ma vie, je ne l'avais pas réussie», dit-il d'entrée de jeu.

En apparence, il avait tout d'un homme heureux et accompli. En trente ans, Jean-Paul Ouellet a mis sur pied une production d'œufs et de volailles des plus prospères. Il avait comme ambition de nourrir le monde et d'assurer la relève.


(Crédit photo: TVA Nouvelles)

«Ma vie, c'était le travail et grossir l'entreprise avec la rage, ma gang de cr**, vous ne m'aurez pas. Puis avec la compétition assez forte là-dedans», explique-t-il.

Cette rage du travail a fini par prendre toute la place après le décès tragique de sa fille de 20 ans. Quelques années plus tard, Jean-Paul Ouellet était profondément malheureux. Il n'en pouvait plus.

«J'ai eu tendance à m'enlever la vie. Tout allait bien côté entreprise, mais c'est à l'intérieur que ça n'allait pas bien. Puis les gens, quand ils disaient que j'étais heureux, j'étais riche, j'étais millionnaire... Je n'étais pas bien.»

Le producteur a eu le courage d'accepter de l'aide. Sa thérapie lui a permis de voir la vie sous un nouvel angle. «J'ai pris conscience de plein de choses. De pourquoi bâtir une si grosse entreprise? Là, je l'ai eu ma réponse. C'était pour mon égo, pour montrer que j'étais quelqu'un», admet ce dernier.


(Crédit photo: TVA Nouvelles)

En 2006, il a vendu 70% de son entreprise. Désormais, l'homme de 60 ans n'a plus l'ambition de nourrir le monde, mais simplement de prendre le temps d'être heureux. «Entendre un oiseau chanter, un levée de soleil. Il faut s'arrêter et apprécier les petites choses de la vie», lance-t-il.

Il tient également à aider son prochain. «Aujourd'hui, je dis "parlons-en de la santé mentale". Si une personne ne se sent pas bien, il faut demander de l'aide. Si je n'avais pas demandé de l'aide, je ne serais plus ici. Et je le sais. C'est le plus beau cadeau que je me suis fait, de travailler sur moi-même. C'est le plus bel investissement», conclut le président des Productions agricoles Ouellet.

Il travaille maintenant à la création de la Fondation Jean-Paul Ouellet, qui viendra en aide à ceux qui n'ont pas les moyens de suivre une thérapie.