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Stéphanie Raymond devant une commission d'enquête

TVA Nouvelles

L'ex-militaire Stéphanie Raymond a commencé vendredi à témoigner à huis-clos, à la base militaire de Valcartier, dans le cadre d'une commission d'enquête administrative.

L'objectif: examiner les irrégularités entourant le traitement de sa plainte pour agression sexuelle en 2012.

«Aujourd'hui c'est l'examen de toutes ces bavures-là: qui était responsable, qui aurait dû faire quoi, qui aurait dû, non seulement de lui venir en aide, mais aussi être à l'écoute et engager le processus administratif à ce moment-là, ce qui n'a pas été fait», d'expliquer son avocat, le colonel à la retraite Michel Drapeau.

Stéphanie Raymond avec son avocat, Me Michel Drapeau (TVA Nouvelles)

La tenue de cette commission d'enquête administrative avait été ordonnée par le chef d'état-major de la Défense, TJ Lawson, qui estimait en décembre dernier que l'ex-militaire avait été lésée.

Une fois de plus, Stéphanie Raymond est donc venue raconter comment elle s'est sentie abandonnée par l'armée quand elle a porté plainte contre son supérieur pour agression sexuelle.

Me Drapeau estime que des sanctions pourraient être apportées, mais il en doute. Selon lui le plus important c'est que l'armée tire des leçons de cette enquête.

«J'espère que ça va rejaillir sur d'autres personnes. Les gens vont savoir qu'il est possible dans le futur que, s'ils n'agissent pas de la façon qu'on s'attend d'eux, il y ait des comptes à rendre. Peut-être que c'est bon pour toute la chaîne de commandement.»

L'avocat salue le geste de la Défense nationale d'avoir ordonné cette commission d'enquête administrative, même si elle n'est pas publique.

Les travaux de la commission d'enquête vont se poursuivre samedi.

(TVA Nouvelles)

En marge de cette commission d'enquête administrative, Stéphanie Raymond et son avocat poursuivent d'autres combats. L'acquittement de son supérieur, l'adjudant André Gagnon, a été porté en appel. Et puis, la femme de 31 ans demande un dédommagement de 85 000$ , l'équivalent de deux ans de salaire qu'elle a perdus.

«Cette jeune personne, qui est démunie de tout support financier, a besoin de cette compensation. Il n'a pas d'arguments, ça devrait être payé. Le gouvernement canadien a sûrement le moyen d'écrire un chèque et ça ne prend pas une éternité à le faire.»

Stéphanie Raymond étudie présentement à temps plein à l'Université Laval et travaille à temps partiel dans un commerce de Québec. Et elle n'a pas l'intention de retourner au sein des Forces armées.