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Québec solidaire critique le comité de vigilance sur les hydrocarbures

Louis Gagné

Le comité de vigilance chargé d'étudier le projet d'inversion de la ligne 9B d'Enbridge a failli à sa tâche en n'exigeant pas la tenue de tests hydrostatiques pour vérifier l'état de la canalisation, dénonce Québec solidaire.

Le député de Mercier, Amir Khadir, a rappelé mercredi que la réalisation d'essais hydrostatiques, une méthode qui consiste à injecter de l'eau à une pression supérieure à la pression opérationnelle pour évaluer la résistance d'une conduite, était l'une des recommandations formulées par les parlementaires pour favoriser l'acceptabilité sociale du projet d'Enbridge.

«C'était une concession qui permettait un peu de sauver la face au Parti québécois, au Parti libéral et à la CAQ, qui supportaient l'inversion, de dire: "il faudrait quand même qu'il y ait des tests hydrostatiques", parce qu'ils s'apercevaient bien que c'était un minimum à respecter. Et là, l'unité de vigilance nous dit que, dans le fond, c'est non», a déploré M. Khadir.

Ce dernier réagissait à la publication du «Rapport d'étape des travaux de l'Unité de vigilance permanente sur les hydrocarbures», qui a été rendu public mercredi. L'Unité a reçu le mandat de suivre les recommandations contenues dans le rapport final de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles (CAPERN), qui s'était penchée sur le projet d'inversion de la canalisation 9B d'Enbridge en décembre 2013.

Même si la commission recommandait explicitement «qu'Enbridge effectue des tests hydrostatiques pour vérifier l'état de la canalisation 9B», l'unité de vigilance estime qu'il est trop tôt pour «adopter une position sur la pertinence d'effectuer cet essai».

«C'est ça qui est terrible, a déclaré M. Khadir lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale [...] L'Unité de vigilance, dans son rapport, arrive en dessous même des maigres demandes de la CAPERN, qui était une commission qu'on a qualifiée de bidon parce que c'était une commission pour faire plaisir à Enbridge puis accepter son projet finalement.»

Le député solidaire était accompagné de Lorraine Caron, docteure en sciences biomédicales membre du groupe Citoyens au courant, un collectif qui s'oppose au projet d'inversion d'Enbridge. Mme Caron a fait valoir qu'il était impossible de connaître l'état réel de la canalisation 9B, qui a été construire il y a une quarantaine d'années, sans procéder à des essais hydrostatiques.

«Les systèmes d'inspection interne qu'Enbridge a utilisés pour vérifier l'intégrité de la canalisation ne permettent pas de détecter les petits trous de corrosion, a-t-elle expliqué.

Donc, c'est d'autant plus important de faire ce test-là pour valider tous les autres tests qui ont été faits [afin] de compléter finalement l'évaluation de l'intégrité du pipeline.»

Rappelons que la compagnie Enbridge souhaite inverser le flux de la canalisation 9B, située entre North Westover et Montréal, afin d'acheminer du pétrole brut de l'Alberta vers Montréal.

Si le projet va de l'avant, jusqu'à 300 000 litres de pétrole pourraient transiter par la conduite chaque jour.