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Les frais accessoires dénoncés par une coalition

TVA Nouvelles

Les cliniques médicales publiques exigent de plus en plus de frais accessoires aux patients. Cette pratique est dénoncée par une coalition de six organismes qui accusent le ministre Gaétan Barrette de privatiser le système de santé.

«Nous refusons de payer pour des frais qui devraient être couverts par le régime public», déclare Ginette Plamondon de l'Association des retraités en éducation et en services publics.

Elle a eu une mauvaise surprise en se rendant chez un ophtalmologiste pour un test de glaucome.

«On m'a chargé 80$ pour une petite goutte dans chacun des yeux. J'ai appris que la petite goutte coûte 1,8 cent», s'insurge-t-elle.

Afin de payer leurs équipements, des médecins de cliniques médicales publiques facturent des prix exorbitants aux patients pour des médicaments, une façon de contourner la loi de l'assurance maladie.

«Nous avons reçu des factures en ophtalmologie pour des cataractes. 3000$ dollars de plus que ce que le médecin est payé par la RAMQ. En gastroscopie, la facture s'élève à 540$ de plus que ce que le médecin est payé par la RAMQ», dénonce l'avocat Cory Werbauwhede.

S'il n'en tient qu'au ministre Barrette, les patients vont continuer à payer, mais le tout sera désormais mieux encadré, comme l'exige maintenant le code de déontologie des médecins.

Les frais accessoires auraient coûté 50 millions de dollars par année au gouvernement, précise l'avocat.

Selon la coalition, les médecins reçoivent déjà du gouvernement des montants pour payer leurs frais en cabinet.

«En ophtalmologie, ça montre à près de 90 000$ par ophtalmologiste par année».

En juin dernier, le consultant pour l'Association des cliniques médicales, David Levine, a affirmé que la rémunération supplémentaire pour travailler en clinique frôle les 800 millions de dollars. Seulement la moitié de la somme serait réinvestie dans les cliniques.

«Si ce supplément n'est pas assez grand pour couvrir leurs frais de bureaux, c'est à eux et aux fédérations de négocier avec le ministre. C'est certainement pas aux patients de payer», ajoute Dre Isabelle Leblanc des médecins québécois pour le régime public.

Malgré cela, l'Association des cliniques médicales en redemande.

«Que le ministère s'engage à financer 100% des services. À ce moment-là, on n'aurait aucun problème et on serait heureux de ne pas charger de frais accessoires», dit Isabelle Girard de l'Association des cliniques médicales.

Un recours collectif contre une centaine de cliniques devrait bientôt être enclenché alors que la population est invitée à dénoncer les abus sur un site web.