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Québec s'engage à réduire ses émissions de GES de 80 % d'ici 2050

Charles Lecavalier

Le gouvernement du Québec s'est engagé mercredi à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 80 % à 95 % d'ici 2050, alors que Philippe Couillard a envisagé la fin de l'ère des hydrocarbures.

«Mon sentiment est que nous observons présentement le début de la fin de l'ère des hydrocarbures. À la fin du siècle, nous devrions être ailleurs», a lancé M. Couillard lors d'une conférence de presse conjointe avec la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, et le gouverneur de la Californie, Jerry Brown.

«On ne quittera l'âge des hydrocarbures parce qu'on va manquer de pétrole, on va le quitter parce qu'on aura inventé de nouvelles technologies et qu'on aura trouvé de nouvelles sources d'énergie. L'âge de pierre ne s'est pas terminé parce qu'il y avait une pénurie de pierre, mais parce qu'on a découvert le bronze», a ajouté le premier ministre, qui participe au Sommet des Amériques sur l'environnement qui se déroule à Toronto.

Ce dernier a signé mercredi matin le MOU (Memorendum of understanding). L'engagement central de cet accord prévoit une réduction d'émissions de GES de 80 % à 95 %, ou deux tonnes de CO2 par habitant d'ici en 2050. Le Québec est le 18e signataire du MOU, qui comprend notamment la Californie, l'Ontario, l'Écosse et la région Rhône-Alpes. Le Québec aura donc 35 ans pour transformer son économie.

«Cette obligation accélérera les changements technologiques. On aura inventé de nouvelles technologies, de nouvelles sources d'énergie», a expliqué M. Couillard.

Pour Steven Guilbeault, directeur principal d'Équiterre, il s'agit d'une «excellente nouvelle». En 2050, M. Couillard aura 93 ans et son gouvernement aura été élu 36 ans plus tôt.
«Ça peut sembler loin, mais en terme de décision d'investissements, de type d'économie, de système de transport, d'aménagement du territoire, ce type de décisions se prend maintenant», a souligné la figure de proue des environnementalistes.

Le Canada devrait être à l'avant-garde

M. Couillard a décoché quelques flèches à l'endroit de Stephen Harper durant le point de presse conjoint. À son avis, puisque le Canada «est un pays producteur de pétrole», il devrait être à «l'avant-garde» de la lutte aux changements climatiques. Le leadership exercé par l'Ontario et le Québec dans ce domaine «remplit le vide» laissé par le gouvernement fédéral. Soulignons par ailleurs que la ministre fédérale de l'Environnement et le premier ministre Harper ne sont pas présents au sommet.

Le premier ministre Couillard a d'ailleurs donné l'exemple de la Norvège, un important producteur de pétrole qui n'est pas critiqué sur la scène internationale puisqu'il fait tout pour réduire ses émissions de GES. Le gouverneur de la Californie a lui aussi invité M. Harper à embarquer dans le bateau de la lutte aux changements climatiques.