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Gestion de l’offre : Agropur entrevoit le pire

TVA Nouvelles

Courtoisie

Si le Canada devait céder aux pressions de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis pour ouvrir le marché agroalimentaire canadien, les producteurs sous gestion de l’offre tomberaient comme des mouches.

Près de 24 000 emplois directs risquent de disparaître si le lait, les volailles et les œufs en provenance des pays membres du Partenariat transpacifique traversent la frontière canadienne, affirme une étude commandée par la coopérative alimentaire Agropur.

L’étude, produite par le Boston Consulting Group, analyse les conséquences de la déréglementation, les impacts sur l’économie agricole canadienne et le prix payé par les consommateurs.

« Si le modèle à suivre est celui de la déréglementation comme cela s’est produit en Australie, on dit que ce n’est pas un modèle pour nous. Il y a eu des pertes d’emploi, l’industrie laitière australienne a régressé, les consommateurs ont versé 2 G $ en taxes et le prix des produits n’a pas baissé », explique Dominique Benoît, le vice-président principal aux affaires institutionnelles et aux communications chez Agropur.

Dominique Benoît est actuellement à Hawaï avec le président de l’Union des producteurs agricoles du Québec, Marcel Groleau, pour comprendre le déroulement des négociations et tenter d’influencer les équipes de négociateurs de 12 pays, y compris ceux du Canada.

Les États-Unis ont construit un système de production unique au monde, dominé par des méga-fermes laitières et avicoles, avec avantage certain sur les marchés mondiaux, rappelle le porte-parole d’Agropur. Plusieurs multinationales américaines contrôlent toute la filière de production, d’abattage, de transport et de mise en marché, ce qui leur permet d’offrir des prix difficiles à concurrencer.

La confiance est de mise

Fort prudent, Dominique Benoît se refuse à commenter l’évolution des négociations. Même si Agropur possède des usines aux États-Unis et de plus en plus d’actifs en sol américain qui pourraient l’avantager en matière d’approvisionnement de produits et substances laitières, la coopérative demeure solidaire de ses membres.

« Agropur s’est développée grâce à la gestion de l’offre. C’est ce qui a fait que nous sommes devenus un grand joueur en Amérique du Nord. Le gouvernement nous a assuré qu’il gardera la ligne dure », ajoute-t-il.

Les négociations intensives, qui durent depuis une semaine, devraient se terminer vendredi en fin de journée. Une conférence de presse est prévue.

Agropur est détenue par 3 400 membres producteurs laitiers qui procurent du travail à 6 000 employés au Canada, dont la majorité au Québec.