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Au tour de la MRC de s'opposer à Hydro Québec

Michel Morin

À défaut d'en être arrivé à une entente avec Hydro-Québec sur le tracé d'une ligne de transport électrique, la MRC des Pays-d'en-Haut des Hautes Laurentides vient de poser un geste exceptionnel et pratiquement sans précédent.

Les dix maires de la MRC préviennent unanimement la société d'État qu'ils n'accorderont pas un certificat de conformité pour la construction d'une ligne de transport de 120 kV.

«Ça va être un rejet de la demande » prévient le préfet Charles Garnier premier préfet élu démocratiquement au Québec il y a vingt ans. «C'est en conformité avec notre schéma d'aménagement qui prévoit la protection de nos paysages et en fonction également d'une Charte des paysages qu'on a signé ensemble dans toutes les Laurentides en 2004 ».

Proposition

Depuis 2013, c'est la municipalité de Saint-Adolphe d'Howard qui a engagé des spécialistes dans le domaine des paysages et du transport électrique et qui a mené le combat sur toutes les tribunes avec des porte-parole comme Guy A. Lepage et Claude Meunier.

«On n'a pas fait que s'opposer » insiste la maîresse Lisette Lapointe. «La proposition la plus sérieuse utilisait tous les corridors existants et on avait besoin d'enfouir la ligne que sur une distance de 500 mètres sur un tracé de 13 kilomètres à Saint-Adolphe.

La société d'État n'a pas voulu réagir mais elle fait parvenir à notre Bureau d'enquête un communiqué laconique. «Hydro-Québec s'attend à ce que toutes ses demandes soient traitées de façon professionnelle et objectives par les autorités concernées » écrit Serge Abergel porte-parole de la société d'état.

Selon nos informations, vendredi dernier, la société d'État était encore confiante d'obtenir son certificat de conformité avec les plans d'aménagement en vigueur, lorsqu'elle en ferait la demande. Depuis il a été confirmé que des représentants de la MRC des Pays-d'en-Haut rencontreront le nouveau président Éric Martel le 1er octobre prochain.

Les coûts

Le coût de construction de la ligne est estimé à 80M$. Si elle devait être enfouie sur toute sa longueur, soit 42 kilomètres, il faudrait ajouter un autre tranche de 245M$.

Il y a quelques jours on apprenait que la ligne du projet de Northern Pass qui sera utilisée pour l'exportation d'électricité en Nouvelle-Angleterre, serait enterrée sur une distance d'une centaine de kilomètres à partir du Québec dans le New Hampshire.