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Marie-Eve Naud: à la chasse aux planètes

Anne-Marie Provost

Trouver de la vie ailleurs dans l'univers: c'est l'objectif que s'est fixé Marie-Eve Naud, qui a découvert une exoplanète avec l'aide d'une équipe à l'Université de Montréal (UdeM). Rencontre avec une passionnée de l'univers qui chasse les planètes depuis son ordinateur.

Marie-Eve Naud avait fait parler d'elle il y a un an en découvrant une planète de 10 fois la masse de Jupiter.

«Cette découverte remet en question ce qu'est une planète, parce qu'on peut difficilement imaginer qu'elle se soit formée à l'endroit où elle est», affirme la jeune femme de 31 ans, qui termine son doctorat en astrophysique.

Ce qui la surprend, c'est qu'il s'agit d'une planète très massive à côté d'une étoile plutôt petite, et qui est à l'équivalent de 2000 fois la distance entre la Terre et le Soleil.

«On allait voir dans cette zone juste pour être certain qu'il n'y avait rien», dit-elle.

Travail à l'ordinateur

Ce n'est pas en se promenant la nuit avec un télescope que Marie-Eve et la quinzaine de membres de l'Institut de recherche sur les exoplanètes ont découvert cette planète.

L'équipe passe la majeure partie de sa journée derrière un ordinateur à traiter des données et des images en provenance de télescopes, qu'on leur envoie à distance.

«Avec le temps, nous avons développé plusieurs méthodes pour détecter les planètes. Nous n'allons pas les voir, nous allons voir l'effet qu'elles ont sur leur étoile», précise-t-elle.

Découvrir de la vie ailleurs

Marie-Eve Naud est persuadée que le 21e siècle sera le siècle de la découverte des planètes.

«Les exoplanètes sont un sujet populaire. La première a été découverte en 1995. Depuis, plusieurs milliers ont été découvertes grâce aux avancées scientifiques. Il s'agit d'un champ de recherche en pleine expansion», souligne la chercheuse.

Elle s'intéresse plus particulièrement à l'astrobiologie, une science multidisciplinaire qu'elle a découverte pendant son baccalauréat en physique à l'Université Laval.

«Le but est d'étudier les possibilités de vie ailleurs dans l'univers. C'est mon rêve de trouver de la vie ailleurs et c'est aussi celui des gens qui ont créé l'institut», avance-t-elle.

Plusieurs de ses collègues travaillent actuellement sur une technique qui permettrait de trouver dans l'atmosphère d'exoplanètes des signes que la vie est présente.

Marie-Eve Naud souligne toutefois que ce n'est pas sur les planètes massives qu'il faut s'attendre à trouver de la vie.

«Il y a eu beaucoup d'avancées pour trouver des exoplanètes similaires à la Terre, sur lesquelles on concentre nos espoirs», précise-t-elle.

Peu réaliste

Mais ce n'est pas demain la veille qu'il faut songer à un déménagement de la terre vers une autre planète, comme abordé dans le populaire film «Interstellaire».

«Il va falloir attendre pas mal de générations avant de même envisager que ce soit possible et d'avoir un développement technologique adéquat. Je ne pense pas qu'on devrait compter sur ça», affirme la chercheuse.

Elle n'aime pas la morale irréaliste de certains films, qui prétendent qu'il sera possible de déménager sur une planète similaire à la Terre.