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«Je ne suis pas un clown» - Chris Lloyd

Camille Gaïor

Chris Lloyd, qui était pressenti comme candidat conservateur dans Papineau avant de démissionner en affirmant que sa démarche était un projet artistique, se présente aujourd'hui comme candidat indépendant dans cette même circonscription.

Si ses pancartes, où il est dessiné, peuvent faire sourire, Chris Lloyd, un artiste montréalais d'origine néo-écossaise, souhaite être pris au sérieux.

«Je ne suis pas un clown, lance d'entrée de jeu l'homme de 42 ans. C'est vrai que c'est rare pour les artistes de s'impliquer autant dans la politique, mais pour moi c'est aussi une façon de démontrer que ce n'est pas juste les avocats qui peuvent se présenter.»

Ce qui était un simple «projet artistique» est devenu une des grandes préoccupations de M. Lloyd. Comment ramener la politique au niveau du «simple citoyen»? Pour répondre à cette question, le père de famille a commencé par envoyer quotidiennement un courriel au Premier ministre: le projet DearPM. «Ça fait 15 ans que ça dure, je lui raconte ma vie d'artiste, de papa et mes préoccupations du quotidien.»

Rapidement, cette initiative à première vue candide s'est transformée en engagement. «J'ai commencé à m'intéresser de plus en plus aux grands partis dont j'ai été membre afin de savoir s'ils partageaient plus d'informations.»

«Infiltrer l'ennemi»

Il y a 4 ans, il fait le pari un peu fou de changer les choses de l'intérieur en s'associant au Parti conservateur, bien qu'il n'en partage pas du tout les idées.

Il a même présidé l'association locale dans Papineau et se fait désigner comme candidat, début 2015. «À la suite d'une conférence sur mon projet, le Parti a été averti de mes intentions et m'ont demandé de quitter en mai dernier.»

Sensibiliser

Aujourd'hui candidat indépendant, Chris Lloyd est bien conscient que la bataille se jouera davantage entre les libéraux et les néo-démocrates.

«Mon objectif est surtout de sensibiliser les gens de mon comté que notre système politique est brisé, avance-t-il. Le taux de participation baisse chaque année, le système donne le pouvoir à deux ou trois partis. Mais si les indépendants augmentent et que le Parti vert continue de se battre, on pourrait changer les choses.»

Quelques points de son programme

- l'art et l'environnement au cœur des préoccupations
- une réforme électorale pour la représentation proportionnelle
- limiter le pouvoir du bureau du Premier ministre