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Gestion de l’offre : Québec ne fera pas de concession

TVA Nouvelles

Agence QMI

Le gouvernement Couillard va tenir un conseil des ministres spécial ce soir pour discuter de la gestion de l’offre dans l’agriculture et de l’impact économique majeur que son affaiblissement représenterait, a indiqué le ministre de l’Agriculture Pierre Paradis.

Le ministre entend se rendre Atlanta dès mardi matin, en compagnie du ministre de l’Économie, de l’innovation et des exportations, Jacques Daoust, pour la reprise des négociations sur le Partenariat transpacifique (PTP). Les ministres de l’Agriculture de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick participeront également à la réunion.

Aucune concession sur la gestion de l‘offre ne sera tolérée, selon le ministre Paradis et le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau.

« On n’a pas les moyens de nous en priver », a martelé le ministre Paradis en conférence de presse lundi après-midi, tout en ajoutant qu’il se rend sur les lieux des négociations afin d’être « aux premières loges » et tenter d’influencer les négociateurs canadiens.

« Les compensations [financières] ne nous intéressent pas. La gestion de l’offre ne coûte pas une cenne aux consommateurs et au bout de la ligne, il préserve le tissu social. Tout le secteur bioalimentaire canadien y sera aussi », ajoute le ministre Paradis.

« On importe déjà 7 % de nos fromages et nos produits ne créent pas de distorsion sur les marchés étrangers. On fait notre part. On n’a pas à ouvrir la porte à quoi que ce soit », renchérit Marcel Groleau.

Des rumeurs sèment la panique

Des informations retransmises par le réseau CBC, samedi dernier, a semé la panique. Une lettre de l’équipe de négociation américaine menacerait d’exclure le Canada du PTP s’il n’accorde pas la possibilité de vendre 10 % plus de lait de consommation en sol canadien.

Pour un troupeau de 50 vaches qui produits 2 600 litres de lait aux deux jours, cela signifierait une baisse des ventes de 900 à 1 000 litres par semaine. Au prix actuel de 69,70 $ le litre pour le lait de consommation, cette concession équivaudrait à des pertes approximatives 700 $ par semaine.

« Ce qui fait peur, c’est qu’on ne peut pas savoir s’il s’agit d’une demande supplémentaire sur les volumes de lait de consommation, qui s’ajouterait aux protéines liquides qui passent la frontière sans être encadrées. Si on ajoute qu’en fin d’année, il faut réduire la production pour éviter les surplus laitiers, cela peut vouloir dire notre mort certaine », explique Bruno St-Pierre, un producteur laitier de Grenville, en Outaouais.

Loin de baisser les bras, des producteurs de lait s’apprêtent à se rendre en tracteur à Ottawa dès mardi, pour maintenir la pression sur le gouvernement Harper.

Une industrie menacée

La production agricole québécoise représente 7 % du PIB du Québec et se chiffre à 22 milliards $.

Une ouverture de l’industrie laitière canadienne représenterait un risque de perte nette de 2,1 à 3,5 milliards $ CA pour le PIB canadien et menacerait 24 000 emplois directement liés à la transformation et la production, selon une étude de Boston Consulting Group pour le compte d’Agropur.

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