/finance/desideespourentreprendre

À Montréal

Métier : chef de meute

24 Heures

24 Heures Montréal

Il y a 12 ans, Mario Perez a quitté un emploi stable pour son « job de rêve ». Depuis, ce promeneur de chiens professionnel se balade quotidiennement avec une quinzaine de chiens au bout des bras.

Les habitués des parcs et des boisés du Sud-Ouest de Montréal et de l’Île-des-Sœurs l’ont probablement déjà croisé : avec sa meute de 16 à 18 chiens, qui monte parfois jusqu’à 32 chiens, le fondateur de Mario Dogs fait tourner les têtes.

Le 24 Heures est allé se promener à l’Île-des-Sœurs avec M. Perez et 13 de ses protégés, le temps de mieux comprendre son métier. Pendant 45 minutes, les chiens de toutes les tailles se sont calmement promenés sur le sentier boueux.

« Quand il pleut, on a moins de monde. Certains propriétaires n’aiment pas que leurs chiens reviennent sales, donc ils annulent la promenade. Je ne peux pas empêcher qu’ils se salissent », explique M. Perez.

Malgré ces quelques cas d’absentéisme, certains chiens (et leurs propriétaires) lui sont fidèles depuis des années. C’est le cas de Rambo, un vieux berger allemand, qui participe quotidiennement aux promenades depuis les débuts de Mario Dogs.

Imposer le respect

Sur le chandail de M. Perez, on lit en grosses lettres « Pack Leader », ou « Chef de meute ». Rapidement, on comprend la signification de ce titre: chacun des chiens lui obéit au doigt et à l’œil. Il leur parle d’ailleurs en espagnol, sa langue maternelle.

« Ce qui compte, c’est l’énergie et le langage corporel. La langue, ce n’est pas important. Il faut leur faire comprendre qui est le patron. J’essaie de ne pas les exciter avant la promenade et ils savent quelles sont mes limites. »

Il raconte par exemple que certains de ses clients n’ont pas le contrôle sur leurs animaux, alors que lui arrive à bien les tenir.

« Je les traite et les considère comme mes propres chiens. »

À force de passer plusieurs heures par jour avec ses compagnons canins, M. Perez développe un réel attachement pour eux.

« C’est la seule chose que je déteste de ce métier : quand les chiens me quittent. Je comprends les déménagements, mais je trouve ça vraiment triste quand ils meurent. »

Clientèle fidèle

À Montréal, on dénombre un peu plus d’une vingtaine de promeneurs de chiens, dont les tarifs varient considérablement.

À titre d’exemple, M. Perez demande environ 70 $ par chien pour cinq promenades dans la semaine. Le Journal de Montréal rapportait en mai dernier qu’un riche homme d’affaires montréalais dépensait 3 200 $ par mois, soit 38 400 $ par année, pour un promeneur de chien.

Comment en vient-on à quitter un emploi stable pour promener des chiens à temps plein ? Mario Perez explique qu’il a toujours eu de la facilité avec les chiens.

« Quand j’ai émigré du Mexique, j’ai dû laisser mon chien là-bas. Je m’ennuyais de lui, alors j’ai commencé à promener des chiens pour faire un peu de sous. »

Le bouche-à-oreille a fait son œuvre : rapidement, M. Perez a dû choisir entre son emploi régulier et celui de promeneur de chien parce qu’il avait trop de demandes.

« Il y a toujours des gens qui sont prêts à dépenser quelques sous pour leurs animaux », a-t-il indiqué.