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Lac-Mégantic

Des professionnels désertent le centre-ville

Anne Préfontaine

Le passage du train dans le centre-ville de Lac-Mégantic, mais aussi la vitesse à laquelle va la reconstruction, ont dissuadé certains gens d'affaires de s'y réinstaller. C'est cas de l'avocat Daniel Larochelle qui représente les victimes et qui a lui-même été sinistré.

«La meilleure protection, c'est d'être loin du train» affirme le juriste. Le passage du train dans le centre-ville a convaincu l'avocat d'acheter un terrain dans le haut de la ville loin du chemin de fer. Des bureaux de professionnels et quatre appartements de style lofts urbains seront construits sur la rue Laval. Il s'agit d'un investissement de 1,3 million de dollars.

«Je ne suis pas convaincu qu'il va y avoir un développement intéressant au centre-ville en présence de la voie ferrée», prétend Me Larochelle.

(Crédit photo: Capture d'écran, TVA Nouvelles)

L'avocat déplore aussi la lenteur de la reconstruction du centre-ville. «Nous sommes sept ou huit commerces qui sommes rendus ici parce que la décontamination a duré deux ans», explique l'avocat.

«On ne peut pas dire que ça va lentement», rétorque Stéphane Lavallée du Bureau de la reconstruction du centre-ville de Lac Mégantic. Quand on se compare aux autres villes sinistrées dans le monde, et on le fait, on peut dire que nous sommes rapides.»

Cinq projets majeurs d'une trentaine de millions verront le jour l'an prochain, promet M. Lavallée. «Les promoteurs les plus avancés sont souvent ceux qui ont été sinistrés, précise-t-il. On ne peut pas entrer au centre-ville. C'est difficile d'acheter un terrain en regardant par une clôture.»

Daniel Larochelle n'a jamais déposé de demande de projet, dit la ville. «Je ne sens pas que la ville a joué un rôle de rassembleur, conclut le juriste. Il s'agit bien de son rôle. On aurait dû rencontrer les sinistrées afin de trouver un projet commun.»