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L'économie «verte» va fleurir sous l'ère Trudeau

Denise Proulx

Les investissements environnementaux devraient reprendre de la vigueur avec l'arrivée du gouvernement Trudeau et, du même coup, favoriser la modernisation de plusieurs secteurs économiques canadiens, estiment des observateurs du milieu des technologies propres et de la finance verte.

On se rappellera qu'en campagne électorale, Justin Trudeau a promis de mousser l'innovation dans les technologies vertes en injectant 200 millions $ par an pour leur développement. Le nouveau premier ministre s'est aussi engagé à verser 100 millions $ aux compagnies canadiennes qui s'attaqueront aux problèmes environnementaux «les plus pressants».

«C'est de bon augure. Le programme des Libéraux est pertinent, cohérent et défini avec une certaine profondeur. Il y a des sous-secteurs de technologies propres qui en tireront avantage», a analysé Andrée-Lise Méthot, fondatrice et associée directeure chez Cycle Capital Management, un gestionnaire de fonds de capital de risque en technologies propres.

De son côté, Denis Leclerc, président et chef de la direction d'Écotech espère que le gouvernement fédéral soutiendra la commercialisation des technologies vertes de manière très concrète.

«Il faudrait que les organismes publics et parapublics fédéraux puissent être utilisés comme banc d'essai et comme vitrine pour les technologies propres. C'est la base, et pour les PME qui ont besoin d'aides financières pour accélérer la commercialisation de leurs innovations, c'est majeur», a-t-il estimé.

Denis Leclerc rappelle que tous les pays du monde, y compris la Chine, sont à la recherche d'innovations vertes et que le savoir-faire canadien pourrait facilement trouver preneur sur les marchés internationaux.

«Ça développerait des emplois de qualité ici et rapporterait des revenus substantiels», a ajouté M. Leclerc.

Taxe sur le carbone

Justin Trudeau entend se rendre, accompagné des premiers ministres provinciaux, à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui est prévue au début décembre à Paris. Le Canada devrait mettre en œuvre, dans les mois suivants, les premières étapes pour l'adoption d'une série de mesures qui accorderont un prix au carbone.

«Nous sommes maintenant en présence d'un gouvernement procarbone. On s'attend à ce qu'il appuie dans le sens où tout le monde s'en va. Ce sera très bon pour l'économie, car ça obligera les entreprises à investir pour améliorer leur efficacité énergétique. Elles deviendront plus compétitives, moins polluantes. Ça va moderniser l'économie, tout le monde y gagnera», a dit croire Guy Drouin, président de Biothermica Carbone.

Considérée comme un incontournable par les écologistes, l'entrée de toutes les provinces dans le marché du carbone devrait toutefois se faire sous un mode incitatif, plutôt que par l'instauration d'une politique nationale, analyse de son côté Jean Nolet, président- directeur général de la Coop Carbone.

«Le fédéral a le pouvoir de faire des choses qui auront un impact sur l'industrie des technologies vertes. Par contre, il sera respectueux de ce qui se fait déjà par les provinces actives dans le domaine. Son objectif est de faire transiter le pays vers une économie verte», a ajouté Jean Nolet.