/regional/estduquebec/basstlaurent

Biens et services

Le troc pour survivre à l’austérité

Meggie Bélanger | TVA Nouvelles

Est-ce que le troc pourrait devenir une monnaie d'échange pour survivre à l'austérité? C'est une idée qui a fait du chemin, puisque de plus en plus de Québécois utilisent cette pratique, soit par l'échange de biens ou de services.

À L'Accorderie par exemple, qui a pour mission de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, on propose l'échange de services sans aucune contrepartie financière.

On dénombre 3000 accordeurs au Québec, répartis dans 13 régions, qui échangent plus de 1000 différents services, que ce soit des corvées de travaux extérieurs, des cours de chant, des plats préparés ou même des services informatiques. Il n'y a aucun système de valeur, tous les services sont égaux, l'Accorderie ne gère qu'une banque de temps.

Les Accorderies de la Matanie et de la Manicouagan par exemple, voient le nombre de nouveaux membres augmenter chaque semaine. La situation économique actuelle n’y serait pas étrangère. La volonté d'épargner est un levier qui peut encourager les gens à rejoindre le réseau de L'Accorderie, mais le principe du troc est beaucoup plus large. Marco Alberio, un professeur en développement social et territorial à l’Université du Québec à Rimouski soutient que le troc «est un concept plus large, que simplement économique. Il faut tenir compte des valeurs sociales, communautaires, environnementales liées à cette pratique.»

La coordonnatrice de L'Accorderie de la Matanie, Véronique Caron, confirme que les gens souhaitent revenir aux valeurs de leurs grands-parents, en s'entraidant. «Les gens sont vraiment intéressés et enthousiastes à adhérer à L'Accorderie étant donné que dans les régions on est un peu plus touché par l'austérité.