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À New York

Bombardier courtise les investisseurs

Carl Renaud | Argent

 - Argent

Alain Bellemare, président et chef de la direction de Bombardier

AFP

Alain Bellemare, président et chef de la direction de Bombardier

Les dirigeants de Bombardier sont à New York aujourd’hui pour faire la cour aux investisseurs institutionnels. L’entreprise québécoise a rassemblé un groupe d’investisseurs dans la métropole américaine pour leur présenter son plan d’affaires des cinq prochaines années et faire le point sur son programme CSeries.

Au début de l’événement, le patron de Bombardier, Alain Bellemare, a indiqué que 2016 sera une année de transition. Après avoir sécurisé les liquidités de l’entreprise, en recueillant 2,5 G$ US auprès du gouvernement du Québec et de la Caisse de dépôt et placement du Québec, la direction va maintenant s’employer à accroître ses revenus, ses profits et ses flux de trésorerie.

«Malgré les défis à court terme, le potentiel de Bombardier est grand et nous sommes en train de redresser l’entreprise», a déclaré le président et chef de la direction de Bombardier dans le cadre d’une webdiffusion de la rencontre new-yorkaise.

Le dirigeant a cependant prévenu que les profits seront en baisse pour l’exercice 2016, plombés par la diminution de la production dans le secteur aéronautique et par les coûts de développement du programme CSeries.

Par la suite, Alain Bellemare prévoit que le chiffre d’affaires de Bombardier va grimper de 5% à 6% par année pour atteindre plus de 25 G$ US, en 2020. L’an dernier, les revenus de l’entreprise ont atteint 20,1 G$ US. Les profits devraient par ailleurs doubler, au cours des prochaines années. Selon les prévisions de la direction, les marges atteindront le cap de 8% d’ici 2020.

«Nous avons de grands fondamentaux. Nous sommes des leaders de marché dans l’aéronautique et dans le transport», a déclaré Alain Bellemare, pendant le rendez-vous avec les investisseurs.

De la production délocalisée

Pour améliorer son bilan financier, Bombardier va déployer beaucoup d’efforts pour réduire ses coûts. De la production peu complexe sera entre autres déplacée vers le Mexique et le Maroc. La porte-parole de Bombardier, Isabelle Rondeau, a précisé qu’aucun licenciement n’est prévu à Montréal.

Bombardier est présente au Mexique depuis 1992, à la fois avec ses divisions aéronautique et transport.  

L’annonce de cette délocalisation a soulevé l’ire du député Amir Khadir de Québec solidaire, qui dit avoir «hâte de voir le ministre (de l’Économie) Daoust nous expliquer pourquoi il subventionne une entreprise qui pratique la délocalisation, et ce, à la hauteur de 1 milliard $ US».

À la fin d’octobre, Investissement Québec a annoncé un tel investissement dans une société en commandite prenant sous sa garde le programme de la CSeries. Pour cet investissement, Québec a obtenu une part de 49,5% de la société.

«Considérant l'ampleur des subventions accordées à la famille Beaudoin dans les dernières années, le gouvernement aurait dû accompagner son investissement d'une prise de contrôle et des exigences claires en matière d'emplois au Québec», a ajouté M. Khadir.

250 appareils CSeries

Bombardier a également donné des détails sur la production du programme de la CSeries. Le fabricant aéronautique prévoit livrer 250 appareils d’ici 2020, dont de 15 à 20 en 2016, de 30 à 35 en 2017 et 55 en 2018. L’avionneur espère atteindre une cadence de production de 90 à 120 avions en 2020.

Actuellement, son carnet de commande compte 243 commandes fermes. Dès que la certification de l’appareil sera obtenue, Bombardier croit qu’il sera plus facile de conclure des ventes.

«La dernière chose que je veux est de me presser à conclure des attentes. Nous parlons de commandes importantes pour les transporteurs avec qui nous discutons. Pour eux, ça signifie exploiter une nouvelle flotte», a dit Fred Cromer, président de Bombardier avions commerciaux. Il a souligné que certains clients potentiels peuvent être préoccupés par les délais de livraison.

En dépit des propos qui se voulaient rassurants, le titre de Bombardier (BBD.B : TSX) a de nouveau perdu du terrain, clôturant en baisse de 4,8% ou 0,06$ à 1,18$, à la Bourse de Toronto.