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Finances personnelles

Coûteuses, les résidences pour personnes âgées

Jean-Sébastien Marsan

 - Argent

La plus élémentaire des prudences, en gestion des finances personnelles, veut que l’on ne consacre pas plus du tiers de ses revenus au loyer. Or les résidences de personnes âgées, avec des loyers pouvant atteindre 2 500 $ par mois, empochent la majeure partie des revenus de leurs locataires.

« Une femme seule en résidence avec un revenu de 18 000 $ dédie 88 % de son budget à son logement et à ses services », affirme le Réseau FADOQ (anciennement la Fédération de l’âge d’or du Québec) dans sa plus récente étude sur les résidences.

Le coût moyen d’une « place standard » en résidence, en 2014, était de 1 557 $ par mois. Une place avec « soins assidus » atteignait 2 656 $ par mois.

Six types de résidences

Les résidences privées à but lucratif représentaient 72 % des établissements pour personnes âgées l’an dernier. Étant donné la faible capacité d'accueil du réseau public de la santé, c'est souvent vers ce type de résidence que se tournent les Québécois. 

La clientèle, autonome ou semi-autonome, peut bénéficier de repas, de soins infirmiers, d’aide domestique, de loisirs organisés, etc.

Au Québec, le loyer moyen d’une place standard est passé de 1 556 $ en 2014 à 1 601 $ en 2015, selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Le loyer varie considérablement selon la taille des résidences et selon les régions. Les loyers moyens, pour l’ensemble du Québec en 2015, étaient de... :

·        1521 $ pour une chambre individuelle ;

·        1 296 $ pour un studio ;

·        1 606 $ pour un appartement avec une chambre ;

·        2 091 $ pour deux chambres.

Et encore, il s’agit des loyers bruts, sans les services. Ces derniers sont facturés à la carte.

Le crédit d’impôt du gouvernement du Québec pour le maintien à domicile permet de diminuer les frais du loyer. « Pour une place standard en résidence au coût moyen de 1 557 $ par mois, le crédit d’impôt pour une personne seule autonome atteint 280,24 $ par mois, soit près de 18 % du loyer et des services », indique l'étude du Réseau FADOQ. « Toutefois, le coût total du loyer après crédit d’impôt représente 15 321 $ annuellement, une dépense considérable pour un nombre important d’aînés. »

Dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) publics et les CHSLD privés conventionnés, qui accueillent des personnes âgées en sévère perte d’autonomie, le coût du loyer varie selon la capacité de payer du résident et ne peut dépasser un plafond fixé par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).

En 2015, le loyer maximal est de...

·        1 789,80 $ pour une chambre individuelle ;

·        1 496,40 $ pour une chambre à deux lits ;   

·        1 112,40 $ pour une chambre à trois lits ou plus.

Les services offerts dans les CHSLD sont définis par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Les CHSLD privés conventionnés détiennent un permis et sont subventionnés par le MSSS. 

Les CHSLD ne répondent pas à la demande. En 2014, les centres publics ne représentaient que 4 % des établissements pour personnes âgées, les CHSLD privés conventionnés 2 %.

Les CHSLD privés non conventionnés, seulement 2 % des établissements pour aînés en 2014, sont des entreprises privées qui détiennent un permis du MSSS, mais qui n’ont pas droit aux subventions. Les propriétaires des établissements fixent les loyers à leur guise.

Dans le jargon, on appelle ressources intermédiaires les organismes privés ou sans but lucratif, habitations à loyer modique (HLM), coopératives d’habitation ou communautés religieuses liées par contrat à un établissement public de santé et services sociaux. 15 % des établissements pour personnes âgées en 2014. Clientèle : personnes âgées en perte d’autonomie ou qui ont besoin d’aide au quotidien.

Les loyers et les services varient beaucoup selon les établissements et leur localisation.

Enfin, les ressources de type familial (5 % des établissements pour personnes âgées l’an dernier) sont de petites résidences, tenues par quelques personnes, que l’on peut comparer à une famille d’accueil — en collaboration avec un établissement public du réseau de la santé et des services sociaux. Comme précédemment, les coûts varient beaucoup selon l’établissement, les régions et les services offerts.

Pour en savoir plus : la chronique de  Ghislain Larochelle dans Le Journal de Montréal, « C'est le temps de placer un parent ».

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