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Accueil des réfugiés syriens

Des Haïtiens en attente de déportation se sentent abandonnés

Camille Gaïor | Agence QMI

CAMILLE GAIOR/24 HEURES/AGENCE QMI

Alors que le Canada a accepté la venue de 25 000 Syriens, des Haïtiens dont le statut de réfugié a été révoqué demandent l’intervention du nouveau gouvernement Trudeau, avant leur déportation imminente.

«C’est faire preuve d’humanisme que d’accueillir les Syriens qui fuient la mort et les violences, mais nous aussi on la fuit», a indiqué Fitz, arrivé il y a sept ans, qui attend de savoir si sa demande de résidence permanente a été acceptée.

Pour la famille Jeanty, le verdict est déjà tombé. «Nous avons reçu un avis de déportation pour le 17 octobre», a souligné Judette, accompagnée de son mari et de ses trois enfants.

Résignée à rester au Québec «pour la sécurité et l’avenir de ses enfants», cette préposée aux bénéficiaires a rapidement fait appel à un avocat pour demander un sursis. Des démarches qui ont un prix, puisque la famille y aurait consacré plus de 11 000 $ jusqu’à présent.

300 personnes concernées

Depuis la fin du moratoire sur la suspension des renvois, 3200 réfugiés haïtiens accueillis pour des motifs humanitaires ont dû faire des demandes de résidence permanente afin de régulariser leur statut.

«À mon avis, 90 % des demandes ont été acceptées, mais 200 à 300 personnes refusées c’est déjà trop, croit Me Richard Goldman, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI). Il ne s’agit pas de faire une opposition entre deux populations, il y a de la place pour tout le monde ici.»

Haïti sécuritaire

Le moratoire a été levé, car «les conditions se sont améliorées et le gouvernement considère qu’il n’y a plus de risque généralisé pour la population civile», indique Immigration Canada. Une affirmation qui ne laisse personne indifférent.

«Ma mère a été tuée», a dit Jean Samuel.  «Moi, mes voisines ont été violées»,  a ajouté Alorde, 69 ans, arrivée après le séisme. Fatima, elle, tient à montrer la photo d’un homme décédé. «C’était un opposant politique.» Parmi eux, deux sont en attente d’une date de renvoi.
Mesure globale

Sans remettre en cause l’accueil des réfugiés syriens, le Comité d’Action des Personnes Sans Statut (CAPSS), qui devrait manifester mercredi matin devant les bureaux de Justin Trudeau, demande une mesure «globale et inclusive».

«On veut la régularisation de tous les Haïtiens concernés par le moratoire, mais aussi une mesure à l’image de L’opération Mon Pays, mise en place par Pierre Elliott Trudeau», plaide le porte-parole Serge Bouchereau.

Immigration Canada n’a pas été en mesure de confirmer le nombre d’Haïtiens en attente de déportation alors que selon l'Agence des services frontaliers du Canada, «au Québec, aucun renvoi n’a été effectué».

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