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La CAQ attaque le gouvernement

La pollution de la cimenterie McInnis coûtera 600 millions

Charles Lecavalier | Agence QMI

POL-CAQ ET ENVIRONNEMENT

Simon Clark/Agence QMI

La pollution émise par la cimenterie de Port-Daniel coûtera 600 millions $ aux contribuables, selon la Coalition avenir Québec (CAQ), qui accuse le gouvernement Couillard d’avoir un double discours environnemental en marge de la conférence de Paris sur le climat.

«Ça, c'est sans compter l'investissement de 450 millions de dollars d'argent public déjà consenti. Est-ce qu'il y a quelqu'un, au gouvernement, qui avait pensé inclure ces coûts environnementaux dans l'équation?» a dénoncé le député de Masson, Mathieu Lemay, lors de la période des questions jeudi.

Le raisonnement de la CAQ est simple: il en coûtera 7 milliards $ à l’État pour réduire la production de gaz à effet de serre (GES) du Québec de 25 millions de tonnes d’ici 2030. La construction et la mise en activité de la cimenterie de port Daniel va créer un nouveau 2 millions de tonnes de GES par année, ce qui en fait le projet industriel le plus polluant de l’histoire du Québec. En faisant une règle de trois, la CAQ estime que Québec va payer 600 missions $ pour éponger ces gaz additionnels.

Les Gaspésiens ont droit au développement

C’est le premier ministre Philippe Couillard lui-même qui a donné la réplique au jeune député puisque le ministre de l’Environnement, David Heurtel, participe à la conférence de Paris sur le climat. À son avis, «les Gaspésiens ont droit au développement comme tous les autres Québécois».

«Aurait-il voulu qu'on dise aux Gaspésiens: «Parce qu'on doit lutter contre les changements climatiques, vous n'aurez pas accès à des emplois industriels?» Jamais on n'aurait fait ça», a lancé le premier ministre.

M. Couillard estime que la mise en activité du complexe industriel n’aura pas d’impact sur la stratégie de lutte aux changements climatiques du Québec.

«Quand on ne maîtrise pas un sujet, on ne se lève pas en chambre», a-t-il affirmé.

Il a par ailleurs invité le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau, et celui de la CAQ, François Legault, à ne pas faire de politique lors de leur visite à Paris ce week-end. Ils se joignent à la délégation québécoise qui participe au sommet de Paris sur le climat.

«D’autant plus que dans les deux cas, je trouve ça paradoxal qu’on veuille se prononcer là-dessus. Mais moi, je promets de ne pas faire état des gestes posés par le PQ alors qu’ils avaient l’occasion de les poser et de l’intérêt soudainement trouvé de M. Legault pour les changements climatiques. Je vais les présenter comme faisant partie de la délégation du Québec», a dit M. Couillard.