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Réfugiés à Sherbrooke

L'intégration des jeunes immigrants n'est pas qu'un défi de langue

Josée Cloutier | TVA Nouvelles

L’intégration d’un élève immigrant dans une école va bien au-delà de l'apprentissage du français. Développement scolaire, moteur et social, tout est évalué pour s'assurer d'une intégration réussie.

La commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) a redoublé d'ardeur cet automne pour accueillir dans ses écoles plusieurs dizaines de jeunes réfugiés.

«Avec le nombre d'immigrants que nous accueillons chaque année, nous avons compris que d'arriver au Québec ce n'est pas seulement apprendre le français. C'est aussi, pour un enfant, apprendre le métier d'élève, apprendre à vivre avec les autres. Notre programme est multidimensionnel», a expliqué Isabelle Dufour, conseillère pédagogique.

L'élève immigrant doit en effet apprivoiser son nouveau milieu d'un point de vue linguistique, scolaire et social. Sur les 1000 immigrants qui arrivent chaque année à Sherbrooke, 200 enfants sont inscrits à la CSRS. Chacun porte avec lui un parcours migratoire bien différent.

«Parfois ils n'ont pas eu de belles expériences à l'école. Certains nous confient qu'ils ont eu des corrections physiques. Nous devons donc ramener cela et leur faire comprendre que l'école sera agréable», a précisé Annie Brochu, intervenante scolaire interculturelle.

Ainsi, chaque nouvelle famille est d'abord rencontrée en entrevue. Les intervenants évaluent le modèle d'intégration à privilégier. Selon ses besoins et les aptitudes, l'élève sera dirigé en classe dite ordinaire ou en classe d'accueil.

C’est souvent par le jeu que l'éducateur est en mesure de situer l'élève dans son développement.

«La gestuelle du corps parle beaucoup. Cela nous permet de voir où ils sont rendus dans leur capacité à gérer leurs émotions et comment ils agissent avec les autres», a constaté Josée Rochefort, conseillère pédagogique.

Le temps est aussi un gage de succès. «Il faut compter une bonne année pour leur permettre de se familiariser avec notre système, pour les laisser atterrir! Des fois, on part de la base: l'eau courante, l'électricité, la gestion d'un réfrigérateur. Pour certains, tout cela nouveau», a affirmé Dominique Gagnon, psychoéducatrice.

Une deuxième classe d'accueil attend les enfants à l'école Sainte-Famille de Sherbrooke. «Je sais que les Syriens arriveront bientôt, alors nous sommes prêts», a confirmé la directrice, Caroline Taillon.

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