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Agressée sexuellement par son père

«Plus petite, c'était mon jardin secret» - une jeune victime

TVA Nouvelles

Une adolescente de 17 ans a vécu durant six ans sous le joug de son père, qui l'a agressée sexuellement à plusieurs reprises.

Un jour, elle en a eu assez de vivre sous son emprise et l’a dénoncé.

L’adolescente vit depuis juin dernier dans un appartement supervisé de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

L’organisme tente de l’aider à apprendre à voler de ses propres ailes avant qu’elle parvienne à l’âge adulte.

Auparavant, elle a passé trois ans en centre jeunesse. À 14 ans, son cas a été signalé à la DPJ après qu’elle eut parlé à une infirmière de son école.

«Ça durait depuis que j’avais environ 6 ans.»

Elle raconte que c'est un livre qu'elle a lu qui l'a décidé à se confier.

La jeune fille avait vécu la moitié de sa vie aux mains de son père, mais n'arrivait pas à dénoncer.

«Plus petite, je le gardais pour moi, c’était mon jardin secret, raconte-t-elle. Je croyais que c’était normal, mon père disait que c’était normal. Mais plus je grandissais, plus je voyais que ce n’était pas normal.»

«Je ne pouvais pas le dire parce que je ne voulais pas que ma mère soit fâchée après moi, qu’elle pense que je cruisais son mari.»

L'intervention de la DPJ a bouleversé sa vie. Sa mère l'a rejetée.

Son père n'a pas été condamné parce qu'il a fui vers son pays d'origine, en Afrique.

L’adolescente tente maintenant de s'en sortir avec l'aide de la DPJ. Elle reçoit les services d'une psychologue. Mais elle sait que cette terrible blessure va la marquer pour la vie.

«Les abus étaient très difficiles pour moi. Quand j’en reparlais, j’avais l’impression de les revivre, j’étais toujours stressée. J’étais dépendante à la drogue et boulimique. J’ai fait des automutilations et je me suis rendue souvent à l’hôpital.»

Elle devrait passer une partie du temps des Fêtes chez son grand-père maternel, où elle ira bientôt vivre.

Son souhait le plus cher est que son message incite d'autres jeunes à dénoncer.

-D’après un reportage d’Harold Gagné

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