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Centre de prévention de la radicalisation

Un chercheur remercié pour des propos controversés

TVA Nouvelles

Le Centre de prévention de la radicalisation à Montréal a mis un terme à sa collaboration avec l'un de ses chercheurs qui a tenu des propos controversés dans une lettre ouverte publiée dans le «Toronto Star».

Hicham Tiflati, doctorant du département de sciences des religions à l'Université du Québec à Montréal, a cosigné une lettre ouverte intitulée «Québec doit faire face à son problème d’islamophobie» dans le quotidien torontois le 14 décembre. Il affirme que bien que l’islamophobie soit présente dans tout le Canada, sa nature unique au Québec est particulièrement préoccupante.

«Les autorités reçoivent des appels de citoyens inquiets rapportant un homme au comportement suspect parce qu’il porte une barbe longue ou encore des familles inquiètes qu’un des leurs, récemment convertis à l’islam, devienne un terroriste», relate M. Tiflati dans une lettre cosignée avec Amarnath Amarasingam.

Joint au téléphone par TVA Nouvelles, Hicham Tiflati a affirmé qu’il avait quitté son emploi au Centre de prévention de la radicalisation d’un commun accord avec la direction parce qu’il ne voulait pas nuire à la réputation de l’organisme. Il dit aussi que ses propos ont été pris hors contexte et qu’il ne fait pas de généralisation à la largeur de la province.

«Je me considère québécois, mes enfants sont nés au Québec et vont dans des écoles francophones. Alors si je disais vraiment que les Québécois sont islamophobes, c’est comme si je disais que je suis moi-même islamophobe», a-t-il dit en entrevue téléphonique.

Le Centre de prévention de la radicalisation a été créé pour répondre aux besoins et questions de la population. Il emploie, outre des chercheurs, des psychologues et des membres des forces de l’ordre.

Des propos qui dérangent

Le discours tenu par M. Tiflati a fait sursauter la ministre de l’Immigration du Québec, Kathleen Weil, qui dément que la Belle Province soit moins ouverte aux différentes cultures que le reste du Canada.

«Ça fait plusieurs années que j’occupe le poste de ministre de l’Immigration, j’ai vu beaucoup de sondages et d’études comparatives. Et ce n’est pas vrai que le Québec est plus intolérant que d’autres sociétés, pas du tout», estime-t-elle.

«D’ailleurs, dans le dossier des réfugiés syriens, il y a même eu un sondage qui montrait que le Québec se démarquait par son ouverture. Alors je pense qu’il ne faut pas avoir d’inquiétudes», complète la ministre, tout en soulignant qu’il faut «être attentifs à cette question, car toute forme de racisme est inacceptable».

La direction du Centre de la prévention de la radicalisation a pour sa part indiqué que les propos de M. Tiflati étaient exagérés et que c’est pour cette raison qu’on a mis un terme à sa collaboration.

L’embauche de Hicham Tiflati avait été dénoncée au début du mois de décembre puisqu’il a enseigné dans une école montréalaise de niveau secondaire, Le Savoir, financé par les Frères musulmans. Ce groupe a été classé l’an dernier comme «organisation terroriste» par l'Arabie saoudite, selon le journal «Le Monde», Reuters et l’Agence France-Presse.

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