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Après la fermeture de l’usine de L’Assomption

Des ex-travailleurs d’Électrolux réduits à la misère

Denise Proulx | Argent

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Agence QMI

Près de deux ans après la fermeture surprise de l’usine d’Electrolux à L’Assomption, plusieurs des 1 200 ex-travailleurs ont basculé dans la misère.

Plusieurs chômeurs ont vu la fin de leurs prestations de chômage en septembre dernier. Bien qu’ils aient reçu durant la période des Fêtes un chèque couvrant leur fonds de pension, ils doivent quand même se tourner vers des organismes d’aide communautaire pour tenter de se replacer sur le marché du travail et pour boucler leurs fins de mois, selon plusieurs organismes d’aide aux personnes démunies de la région de Lanaudière.

« Ce sont souvent des hommes de 35 ans et plus qui sont peu scolarisés. Ils doivent faire de nombreux compromis et leur estime de soi est très affectée. Ce n’est pas évident pour eux », constate Marcel Paradis, du Campus Emploi de Joliette.

« Nous avons eu une subvention pour aider 35 familles, dont les besoins sont criants. Pour certains, nous leur avons payé des vêtements d’hiver, pour d’autres c’était la facture de la garderie ou des dettes pour les aider à conserver leur maison. Nous rencontrons des gens vraiment mal pris », se désole la directrice du Service bénévole du comté de L’Assomption, Marie-Noëlle Guédon.

Même si les ex-travailleurs ont reçu les sommes dues de leur fonds de pension, dont la moyenne s’élève à moins de 20 000 $, madame Guédon ne croit pas que ce soit suffisant. « C’est en fait reculer pour mieux y sauter dans quelques mois », craint-elle.

L’organisme Fin à la faim, de Lanaudière, confirme avoir également distribué plusieurs paniers de dépannage alimentaire à d’ex-travailleurs d’Électrolux depuis octobre dernier.

« On a vu une recrudescence des demandes avant Noël. Mais ce sont ceux qui se sont résignés à piler sur leur orgueil. On sait qu’il y en a d’autres qui ne veulent pas s’y résoudre. Ça demande beaucoup de courage à ces gens », reconnaît la directrice générale Collette Doré Thibault.

Laissés à eux-mêmes

Selon Emploi-Québec, le Comité d’aide au reclassement des travailleurs d’Électrolux a accompagné 997 des 1 200 travailleurs qui ont perdu leur emploi en août 2014. Près de 40 % étaient toujours en chômage lorsque le comité a rendu son rapport le 1er avril 2015.

De ce nombre, plusieurs ont accepté des emplois moins bien rémunérés, comme le rapportait Le Journal de Montréal en septembre dernier. Emploi-Québec ne peut pas dire si la situation s’est améliorée pour les autres travailleurs depuis ce temps.

« Nous ne faisons pas de suivi particulier avec les travailleurs d’Électrolux », a déclaré le porte-parole du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, David McKeown.

 

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