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À Laval

Le Loup de Montréal prévoyait construire le palais d’Ironman

Jean-François Cloutier | Bureau d'enquête

John Babikian, surnommé le Loup de Montréal, prévoyait de construire à Laval un véritable palais inspiré de la maison de Tony Stark du film Ironman avant de se faire épingler par le fisc et de quitter le Québec en douce.

Une piscine à déversement devant l’entrée principale, un garage intérieur pour neuf autos (avec un atelier pour la mécanique), un gymnase privé avec salle de massage adjacente, six salons, trois cuisines, trois salles à manger, six salles de bains et cinq chambres à coucher équipées chacune d’un walk-in et d’une salle de bains (en plus des six autres), trois étages avec un ascenseur, un cigar lounge, un bar et une bibliothèque; bref, rien n’était trop beau pour le jeune homme de 28 ans qui a fait fortune dans les penny stocks (actions de pacotille). 

Selon des éléments d’un plan de construction inédit obtenus par notre Bureau d’enquête, c’est une des résidences les plus luxueuses et les plus chères jamais vues au Québec qu’ambitionnait de faire construire Babikian avant que le fisc se mette à ses trousses en 2013.

Vue imprenable

Les seuls terrains où aurait été construite la résidence ont été vendus à Babikian il y a quatre ans pour 2,7 millions $. Ils offrent une vue imprenable sur la rivière des Prairies, dans le quartier cossu de Ste-Dorothée.

La résidence aurait été en grande partie vitrée pour offrir la vue la plus époustouflante possible de la rivière.

GRACIEUSETÉ

Selon John Garabedian, promoteur du Domaine des Berges, qui a accepté de partager certains détails avec nous, les coûts de construction de la maison étaient évalués à 13 millions de dollars $, sans compter le terrain.

Son rêve de promoteur de construire la plus grosse maison de la région a été brisé par le départ soudain de Babikian, raconte-t-il dans une entrevue (voir ci-bas).

«J’aurais tout de même beaucoup aimé voir de mes yeux cette immense maison», regrette-t-il.

Garabedian a repris les terrains auprès du fisc l’an dernier dans l’espoir de les revendre. 

Fortune de 100 M$

Babikian est surnommé Le Loup de Montréal en raison des similitudes qui existe entre son histoire et celle du Loup de Wall Street, incarné par Leonardo Di Caprio.

Selon un dossier de cour, il aurait accumulé en quelques années à peine une fortune de 100 millions $. Une Bugatti Veyron de 1,5 million $ acquise par Babikian, une des voitures les plus rapides et les plus chères au monde, est toujours introuvable.

GRACIEUSETÉ

Le fisc a déposé des hypothèques légales sur diverses propriétés de Babikian pour 22 millions $. La Securities and Exchange Commission l’a aussi mis à l’amende pour 3,7 M$ US.

La première maison d’inspiration méditerranéenne de Babikian a été revendue par le fisc pour 2 M$ à un homme d’affaires chinois. Une somptueuse cave à vin et plusieurs voitures de luxe, dont une Bentley et une BMW, ont été vendues à l'encan.

Selon des informations récentes obtenues par notre Bureau d’enquête, une compagnie des Îles Seychelles, un paradis fiscal, reliée à Babikian dans un dossier de cour a refait surface en 2015. Une entreprise de livraison de nourriture à domicile aux États-Unis, un penny stock, a accepté de racheter des actions de cette compagnie pour régler un litige de plusieurs millions $.

Un jeune homme «très intelligent», selon le promoteur

Le promoteur John Garabedian dresse un portrait pour le moins étonnant d’un homme pourchassé par les autorités fiscales et boursières.

De quoi John Babikian avait-il l’air quand il s’est présenté à vous?

«Lorsque j’ai l’ai rencontré la première fois, il m’a semblé être une personne sympathique, posée et très intelligente. Il était propriétaire de plusieurs entreprises et je ne lui ai pas demandé plus de détails. Je n’ai perçu aucun signe laissant croire qu’il gagnait son argent illégalement.»

Avez-vous été surpris de lire les infos diffusées sur lui?

«Il était, selon moi, un jeune homme qui a su bien utiliser le pouvoir d’internet pour faire de l’argent rapidement. Il a toujours été un gentleman avec moi.»

Comment vous êtes-vous senti quand Babikian a quitté le Québec?

«Lorsque j’ai appris le scandale, je n’ai pas été surpris qu’il ait quitté le pays. Il ne nous devait pas d’argent. Ma seule déception a été la mise en suspens de mon rêve de pouvoir bâtir la plus grosse maison de la région sur l’un des plus beaux emplacements encore disponibles.»

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