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Aéroport de Casablanca

Royal Air Maroc condamné pour avoir «abandonné» des passagers

Hugo Bourgoin | TVA Nouvelles

Gracieuseté de Royal Air Maroc

Le transport aérien Royal Air Maroc a été condamné à verser 4000$ en indemnités à des passagers après que le vol devant les ramener au Canada eut été retardé de près de 24 heures.

Dans un jugement rendu le mois dernier, le juge Jean Faullem de la Division des petites créances de la Cour du Québec, a blâmé la compagnie aérienne pour les faits qui remontent à plus d'un an.

Le 15 août 2014, Amine Douab, Annie Martin et leurs deux enfants de deux ans et huit mois sont arrivés à l'aéroport de Casablanca à 11h alors que leur avion était prévu à 15h. Ils ont alors été informés que le vol serait retardé en raison de problèmes mécaniques. Or, au cours des heures suivantes, le départ a été reporté à maintes reprises sans que Royal Air Maroc puisse informer précisément ses passagers du moment où allait décoller leur avion.

Vers 20h, alors que l'heure du départ était toujours indéterminée, M. Douab et Mme Martin ont demandé au transporteur si un hébergement temporaire était disponible, ce à quoi ils se sont fait répondre que tous les hôtels autour de l'aéroport affichaient complet. La petite famille s'est alors installée sur le plancher de l'aérogare alors que, durant la nuit, le départ a été retardé à deux autres reprises.

«Pendant toute cette période, la défenderesse [Royal Air Maroc] n'apporte aucun soutien aux demandeurs ainsi qu'aux autres passagers dans l'attente d'un vol de retour au pays. La preuve non contredite démontre l'impossibilité pour les demandeurs de trouver toute source d'alimentation en soirée et pendant la nuit, puisque les commerces de l'aéroport sont fermés à ce moment. La défenderesse n'offre aucune boisson et aucune nourriture à ses clients présents à l'aéroport», peut-on lire dans le jugement alors que le juge souligne que «plusieurs centaines de passagers» étaient alors confinées à l'aéroport.

L'appareil de Royal Air Maroc a finalement pu décoller le 16 août vers 13h30, soit 22h30 après l'heure prévue.

Bien que le transporteur ait envoyé une lettre au couple dans laquelle il exprime ses regrets et lui offre une indemnité de 750$, Amine Douab et Annie Martin ont accusé la compagnie de les avoir «abandonnés» et lui ont réclamé 9930$ en dommages et intérêts devant le tribunal. Lors de l'audience, Royal Air Maroc a fait valoir que son règlement interne stipule que les horaires sont «approximatifs et ne sont pas garantis» et que, par conséquent, il ne pouvait être blâmé pour la situation.

Après avoir pris la cause en délibéré, le juge a plutôt évalué que la famille avait droit à un dédommagement de 4000$.

«[Les demandeurs] ont été placés dans une situation inconfortable pendant une période de près de 24 heures. Ils sont laissés à eux-mêmes, avec deux enfants de moins de trois ans, sans ressources pour s'héberger convenablement et se nourrir, sans information précise», écrit le magistrat.

«Il appert que la défenderesse aurait dû accorder une attention particulière à cette famille lors de l'évaluation des besoins de sa clientèle. Il appert que cela n'est pas le cas», conclut-il.

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