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Développement économique

Québec manque de cohérence, affirme HEC Montréal

Argent

Le gouvernement du Québec doit s’attaquer à mettre sur pied une véritable politique de développement économique et cesser de réaliser des interventions à la pièce qui ont peu d’effet sur le redressement de l’économie, estime le Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) de HEC Montréal.

Dans un rapport dévoilé lundi, le CPP constate que l’important soutien financier accordé aux entreprises par l’État québécois a peu d’impact sur leur performance, alors que la croissance de la productivité  et de l’emploi demeure faible,  que les investissements privés demeurent insuffisants et que la production croît plus lentement que dans le reste du Canada. 

Pour le directeur du CPP, Robert Gagné, les différentes politiques gouvernementales visant à stimuler le développement économique manquent de cohérence.

 «Chacune des réformes réalisées à la marge — si importante soit-elle — ne suffit pas à redresser l'économie du Québec. Seule l'élaboration d'une véritable politique de développement économique peut remettre le Québec sur les rails de la prospérité», affirme M. Gagné.

Le CPP relève que si Québec consent trois fois plus d’aide aux entreprises que ne le fait le gouvernement de l’Ontario, elles doivent assumer une facture fiscale 30% plus élevée que celles dans la province voisine.

«Force est de constater que cette façon de faire n'apporte pas les résultats escomptés», écrit le CPP.

L’organisation propose que l’État recentre ses interventions auprès des PME,  pour que les cibles concordent avec les objectifs qu'il poursuit. Québec devrait aussi établir un processus systématique d’évaluation de l’aide accordée afin de pouvoir ajuster périodiquement ses interventions.

En réduisant l’aide requise, le gouvernement pourrait se permettre de réduire le fardeau fiscal des PME et d’aider ainsi un maximum d’entreprises. Le CPP estime que le gouvernement pourrait ainsi les exempter de la taxe sur la masse salariale, qui «freine notamment la création d’emplois», et réduire le taux d'imposition des petites entreprises. Présentement, ces entreprises sont assujetties à un taux de 1,8 à 4 fois plus élevé qu'ailleurs au Canada sur les premiers 500 000 $ de revenu imposable.

Si le gouvernement  souhaite insuffler un véritable dynamisme à son économie, «il doit faire preuve de vision et non plus se contenter d'ajuster à la marge les paramètres de l'aide qu'il octroie déjà», conclut Robert Gagné. 

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