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Dégringolade de l’action de Bombardier

La fortune des Bombardier secouée

Carl Renaud | Argent

À gauche : Pierre Beaudoin, président exécutif du conseil d’administration de  Bombardier. À droite : Laurent Beaudoin, président émérite du conseil.

Reuters

À gauche : Pierre Beaudoin, président exécutif du conseil d’administration de Bombardier. À droite : Laurent Beaudoin, président émérite du conseil.

La fortune des héritiers de Joseph-Armand Bombardier est secouée par la dégringolade de l’action de Bombardier en Bourse. Leur investissement a fondu d’environ 167 millions $ depuis que le gouvernement du Québec a injecté un milliard $ US dans le fabricant pour sauver son appareil CSeries.

Le 28 octobre dernier, la veille de l’investissement du gouvernement québécois, l’action de catégorie A de l’entreprise — les Beaudoin et les Bombardier contrôlent 84,8 % des ses titres à droits de vote multiples — valait 1,65 $. À la fermeture des marchés jeudi, l’action a clôturé à seulement 1,10 $. Elle a donc chuté de 33 % depuis la fin octobre.

Moins de 2 % des actions

L’action de catégorie B a chuté encore davantage, en effaçant 45 % de sa valeur pendant la même période. Jeudi, elle a terminé la séance à 0,89 $, un creux en un quart de siècle, mais elle valait 1,61 $ le 28 octobre. Les quatre enfants Bombardier et leurs familles possèdent moins de 2 % de ces titres. 

Bombardier éprouve beaucoup de difficultés à trouver des acheteurs pour son avion CSeries, moins énergivore que les appareils concurrents. Au cours des derniers jours, d’importantes commandes ont échappé à l’entreprise.

Le transporteur United Airlines va acheter 40 petits avions régionaux de Boeing pour 3,2 milliards $. L’Iran a par ailleurs placé une commande de 118 appareils, évaluée à 27 milliards $, auprès de l’européen Airbus. Certains de ces avions sont des concurrents du CSeries.

Depuis le lancement du programme CSeries, en juillet 2008, Bombardier a décroché seulement 243 commandes fermes et 360 options pour des achats futurs. L’absence de bonnes nouvelles semble plomber l’action en Bourse.

Au début de 2015, elle s’échangeait à 4,20 $. En septembre 2008, quelques semaines après le lancement du programme CSeries, le titre avait atteint 8,38 $. L’émission de nouvelles actions et les difficultés observées dans le secteur aéronautique ont notamment contribué au recul.

Une fortune fragile

L’été dernier, la chaîne Argent de TVA avait estimé que la fortune des héritiers Bombardier avait fondu d’environ 762 millions $ depuis le début de l’année 2015.

Dans son plus récent classement des fortunes canadiennes, publié en décembre, le magazine Canadian Business évalue les avoirs des héritiers Bombardier à 1,77 milliards $, en baisse de 28 % par rapport à l’année précédente.

Le clan Bombardier, qui occupe le 54e rang parmi les 100 principales fortunes du pays, possède aussi une participation dans l’entreprise BRP — le fabricant du ski doo — et des investissements dans des entreprises privées, dont la cimenterie de Port-Daniel-Gascons.

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