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Tué à Lac-Simon près de Val-d'Or

Le policier Thierry Leroux comptait six mois d'ancienneté

TVA Nouvelles avec Agence QMI

Un policier a été tué dans la nuit de samedi à dimanche, dans la communauté autochtone de Lac-Simon, à une trentaine de kilomètres de Val-d’Or, en Abitibi-Témiscamingue. 

Vers 22 h 30, Thierry Leroux et un de ses collègues policiers du corps de police de la communauté autochtone de Lac-Simon ont été appelés à se rendre à une résidence de la rue Papatie pour une chicane.
 
Lorsqu’ils sont arrivés sur les lieux, au moins un coup de feu a été tiré en direction des policiers. Un des policiers a été atteint gravement. Thierry Leroux est décédé quelques heures plus tard. Il était âgé de 26 ans et cumulait six mois d'ancienneté au sein des forces policières. Il était à l'emploi du Conseil de la nation Anishnabe de Lac Simon depuis août 2015.
 
 

Selon nos informations, les policiers n’ont même pas eu le temps de parler avec les gens à l’intérieur de la maison lorsque le coup de feu a retenti.

Peu après le drame, le tireur présumé, Joseph Anthony Raymond Papatie, 22 ans, a écrit sur sa page Facebook: «désolé tout le monde, menvo (sic) j’ai tué un police».

Thierry Leroux était originaire d’Amos où il était très connu. Il a notamment été très impliqué dans le hockey mineur.

«Son collègue n’a pas subi de blessures qui mettent sa vie en danger, mais il a été transporté à l’hôpital», a indiqué le sergent Benoît Coutu, de la Sûreté du Québec (SQ).

L’enquête a été confiée au service des crimes contre la personne de la SQ de la SQ.

Cellule de crise

Une cellule de crise a été créée dans les heures suivant le drame. Le Conseil de la Nation Anishnabe de Lac Simon s'est réuni d'urgence dimanche après-midi afin de mettre en place toutes les dispositions nécessaires pour permettre aux membres de la communauté d'absorber le choc de cette tragédie.

Une marche de solidarité s'est d'ailleurs mise en branle à la suite de cette rencontre en hommage au jeune policier assassiné, mais également en soutien à la famille du tireur. L'heure était au recueillement pour la soixantaine de personnes rassemblées.

Réactions

Le gouvernement du Québec a transmis ses condoléances aux proches du policier Thierry Leroux.
 
«Nous avons été extrêmement touchés d'apprendre le décès de M. Leroux. Nos pensées accompagnent sa famille et ses confrères, à qui nous souhaitons beaucoup de courage en ces moments difficiles », ont déclaré dans un communiqué les ministres Martin Coiteux, Geoffrey Kelley, Luc Blanchette et le député d’Abitibi-Est Guy Bourgeois. Ils ont aussi transmis un message de courage et de solidarité à la communauté de Lac-Simon.
 
Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a également offert ses condoléances sur Twitter un peu avant 13h.

 

Le syndicat du policier tué lors de cette tragique intervention a témoigné, dimanche après-midi, de sa «tristesse devant le drame qui secoue (notre) communauté» et se souvient de la «contribution de (notre) collègue de travail».
 
«Nous sommes secoués par cette horrible nouvelle. Nous offrons nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Thierry. Jusqu'à nouvel ordre, la Sûreté du Québec a pris la relève des opérations sur le territoire. Nous suivrons de près l'enquête indépendante qui a aussi été confiée à la SQ», a indiqué Stéphane Lachance, conseiller syndical du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) par voie de communiqué.

 

Des problèmes sociaux

Ghislain Picard, le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, a qualifié l’événement d’extrêmement tragique. «La réponse qu’on a c’est de l’impuissance face à ça, sachant que Lac-Simon, comme d’autres communautés, connaît une certaine insécurité sur le plan social», a-t-il dit en entrevue à TVA Nouvelles.
 
Le jeune suspect dans cette affaire avait des problèmes d’alcool, un phénomène hélas trop répandu dans les communautés autochtones, a reconnu le chef Picard et qui a de lourdes conséquences.
 
 
«Ce n’est pas un mystère que les travailleurs dans le domaine social sont superchargés, a admis M. Picard. [...] Je pense que les autorités essaient de se donner des moyens de contrer ce fléau, c’est une tâche difficile, exigeante qui demande bien des ressources.»
 
Il a souligné qu’on ne peut pas fermer les yeux sur la situation et que le conseil de bande fera tout ce qu’il faut pour trouver des solutions, ajoutant «qu’on ne le dira jamais assez, j’espère que les gouvernement seront à l’écoute».