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Usine de liquéfaction de gaz naturel

Projet de 800 M$ abandonné à Bécancour

Michel Morin | Bureau d’enquête

Le projet de construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel à Bécancour, au coût de plus de 800 millions $, est abandonné, a appris notre Bureau d’enquête.

La nouvelle a été révélée par un journal spécialisé dans le marché du gaz naturel liquéfié, LGN Journal, publié à Londres. Cette publication indique que la compagnie norvégienne Stolt Nielsen «cancels Quebec LNG venture».

Le 24 août dernier, le premier ministre Philippe Couillard était pas peu fier d’annoncer le projet à Bécancour, près de Trois-Rivières. Un consortium scandinave, Stolt LNGaz, y avait confirmé l'implantation d’une usine de liquéfaction de gaz naturel.

Il s'agissait d'un investissement d'environ 800 millions $ qui devait être complété 2018. La construction de l’usine devait débuter ce printemps et créer près de 200 emplois directs et indirects ; l’exploitation de l’usine, pour sa part, devait générer une centaine d’emplois directs et indirects.

Le projet de Stolt LN Gaz avait passé le test du Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE), qui l’a considéré comme acceptable. 

Mais avec la chute prolongée des prix du pétrole ces derniers mois, le projet de Bécancour n’a plus d’avenir.

Des bureaux vides

À Montréal, notre Bureau d’enquête a pu constater que les bureaux de l’entreprise Stolt rue Sherbrooke sont vides, à l'exception d'une comptable. Le porte-parole, Richard Brosseau, n’a pas obtenu la permission d'accorder une entrevue officielle.

Selon nos informations, l’entreprise a procédé à des mises à pied et moins d’une dizaine de personnes seraient encore en emploi, à temps partiel. Richard Brosseau travaille désormais à temps partiel, à la maison.

L’entreprise espérait distribuer du gaz naturel liquéfié par petits méthaniers sur la Côte Nord et en Europe pour remplacer le mazout plus polluant des minières et autres entreprises, mais n’est pas parvenue à signer des contrats avec d’éventuels clients.

Depuis l’élection du gouvernement Couillard, c’est le deuxième projet industriel en importance qui est annoncé en grande pompe par le gouvernement du Québec, puis annulé.

Au lendemain de son élection, en 2014, le premier ministre Philippe Couillard s’était empressé d’annoncer un projet d’une usine de silicium à Port-Cartier.

Ce projet, de près de 400 millions $, a aussi été abandonné en décembre dernier.

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