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Une transaction de 4,3 millions $

Mont Sutton: les actionnaires minoritaires approuvent la vente

Agence QMI

Les actionnaires minoritaires ont approuvé dans une proportion supérieure à 90 % la vente de la station de ski et du mont Sutton au groupe d'acheteurs composé du directeur général actuel, Jean-Michel Ryan, et de deux autres investisseurs, Sylvain Gervais et Pierre Chesnay. Le montant de la transaction s'élève à 4,3 millions $.

Quelques actionnaires minoritaires se disent toutefois déçus, l'un d'entre eux a même demandé qu'on ajourne l'assemblée pour permettre d'étudier en profondeur l'offre plus lucrative soumise par un autre groupe. Cette proposition a toutefois été rejetée par la majorité.

On se souviendra qu'après l'annonce d'une entente de principe à la fin janvier, un autre groupe s'était manifesté en faisant une offre supérieure d'au moins 1 million $.

Dans une offre bonifiée soumise vendredi dernier, les frères Philippe et Daniel Thirion ainsi qu'un homme d'affaires local, Louis Beauregard, offraient jusqu'à 6 millions $ pour tous les actifs de Mont Sutton, une proposition repoussée du revers de la main par la famille Boulanger ainsi que par le conseil d'administration.

Louis Beauregard avait tenté une première fois d'acheter la station de ski, en 2012. La transaction avait avorté et l'entrepreneur de Sutton a d'ailleurs entrepris des procédures civiles contre la famille Boulanger.

Il leur réclame 1 million $ pour dommages et préjudices parce qu'ils n'auraient pas respecté les termes de l'entente de principe qui devait conduire à la transaction.

Est-ce en raison de ces tiraillements du passé que la famille Boulanger n'a pas voulu considérer leur proposition ? L'un des frères, Hercule, s'en défend bien.

«On connaît bien Jean-Michel Ryan et ses partenaires, ils partagent la même vision que nous du développement de la montagne et du cachet qu'on souhaite que la station de ski conserve. Oui, les actionnaires minoritaires vont recevoir un peu moins d'argent, mais nous détenons quand même 55 % des actions. Ils n'ont peut-être pas touché de dividendes au fil des ans, mais nous, nous avons investi de l'argent de nos compagnies parallèles pour maintenir à flot la station.»

«Le montage financier de Jean-Michel et son groupe est ficelé, la transaction peut procéder rapidement, ce qui n'était pas le cas pour l'autre groupe, a-t-il poursuivi. Ça fait 10 ans qu'on est à vendre, on ne voulait pas courir le risque d'étirer les délais de plusieurs mois et risquer de perdre l'occasion qui se présentait.»

Philippe Thirion représentait par procuration un actionnaire minoritaire. Il aurait souhaité qu'on lui permette de présenter l'offre de son groupe et qu'on leur accorde une plus grande considération. «Notre démarche était très sérieuse, on avait un financement ferme de 6 millions $. Nous étions prêts à procéder rapidement. Je ne sais pas pourquoi notre offre n'a pas été soumise au même titre que l'autre. C'est comme si les dés étaient pipés d'avance.»

À la tête de la station de ski depuis 10 ans, le porte-parole du groupe acheteurs, Jean-Michel Ryan, s'est dit heureux de la tournure des événements.

«Notre intention est d'assurer la pérennité de la station, tout en respectant l'intégrité de la montagne, un souci exprimé par les Boulanger, qui en sont propriétaires depuis 1960. Nous allons annoncer dans les prochains mois un plan d'investissements qui prévoit notamment l'amélioration du système d'enneigement, l'acquisition de nouveaux équipements pour l'entretien des pistes ainsi qu'une mise à niveau des infrastructures d'accueil. Oui, il y aura éventuellement construction d'unités d'habitation, c'est incontournable pour une question de rentabilité, mais ça va se faire en harmonie avec l'environnement et la communauté locale.»

Il reste une seule étape à franchir avant que la transaction ne soit officialisée. Il faut en effet obtenir la permission du tribunal en vertu de la convention des actionnaires, ce qui pourrait se faire d'ici jeudi.

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