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Tentative de meurtre sur une fillette

Preuve détruite par erreur: le suspense demeure

Michael Nguyen | Agence QMI

 - Agence QMI

La juge devant décider si un homme accusé de tentative de meurtre sur une fillette mérite un arrêt des procédures, à cause de la police qui a détruit de la preuve par erreur, rendra finalement sa décision en avril.

«Le suspense continue, mais pour ma part, il n’y a pas d’autre remède que l’arrêt des procédures», a dit vendredi Me Sharon Sandiford, de la défense, après l’audience au palais de justice de Montréal.

C’est que la juge Sylvie Kovacevich n’a pas été en mesure de rendre sa décision concernant un homme de 44 ans qui aurait étranglé sa petite victime de 11 ans avec une corde à danser avant de l’agresser sexuellement et de la laisser pour morte dans une ruelle de l’arrondissement de Saint-Laurent, en 2013.

L’enfant, qui considérait l’accusé comme son oncle, avait toutefois survécu et l’homme, qui ne peut être identifié afin de protéger l’identité de la victime, a été accusé.

Sauf qu’en plein milieu de procès, un agent a détruit l’arme du crime par erreur, de même que le soutien-gorge de l’enfant.

Procédures revues

La police de Montréal a confirmé à TVA Nouvelles qu’il s’agissait d’une erreur humaine provenant d’un agent qui a été rencontré par ses supérieurs.

Le corps policier a affirmé qu’il s’agissait d’une «situation inacceptable» et que de mémoire d’homme, il s’agirait d’une première.

Depuis, les procédures ont été resserrées pour qu’un tel évènement ne se reproduise plus.

«Négligence grossière»

Mais entre-temps, l’avocate de l’accusé a demandé l’arrêt des procédures dans cette affaire.

«Pour la défense, il s’agit d’une négligence grossière», a rappelé la juge vendredi au palais de justice de Montréal.

La magistrate a également donné l’occasion à la Couronne de préciser certains aspects de ses plaidoiries, puisque le procureur s’est défendu de tout abus de procédures alors que là n’était pas la question, selon la juge.

«La Couronne a beaucoup plaidé sur quelque chose qui n’était même pas un problème», s’est surprise la défense.

Le procureur n’a toutefois pas souhaité faire de précisions ce vendredi. Lors de la dernière audience, il a plaidé que le procès devait continuer puisqu’un expert de la Couronne a déjà réalisé ses analyses sur les éléments de preuve détruits.

La juge rendra sa décision en avril et advenant que la requête de la défense soit rejetée, le procès continuera comme prévu. Sinon, l’accusé sera libre comme l’air.

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