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Décès de deux hommes

Mort de migrants en détention: une enquête indépendante demandée

Agence QMI

Jean-Francois Villeneuve/Agence QMI

Le décès de deux hommes détenus par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) met en lumière les détentions «arbitraires» que subissent de nombreux migrants, affirme la Commission canadienne des droits de la personne qui demande une enquête indépendante sur ces morts.

À moins d’une semaine d’intervalle, en mars, deux prisonniers de l’ASFC sont morts dans des centres de détention de la région de Toronto.

Le 7 mars dernier, Melkioro Gahungu, âgé de 64 ans et originaire du Burundi, s’est suicidé dans sa cellule. En 2012, il avait été condamné à la prison pour le meurtre de sa femme perpétré en 2009 à Windsor, en Ontario. Selon des groupes de défense des libertés civiles, il a préféré se pendre plutôt qu’être retourné dans son pays.

Le 13 mars, Francisco Javier Romero Astorga, un ressortissant chilien, a été retrouvé mort dans sa cellule. La cause du décès n'a pas été rendue publique. Il avait été déporté du Canada et était revenu en novembre 2015, selon le «Toronto Star».

«La Commission canadienne des droits de la personne reconnaît que certains migrants sont détenus à la suite de leur activité criminelle, et bien que le maintien de la sécurité soit primordial, dans une société démocratique, les droits de chaque personne en sol canadien doivent être respectés», a déclaré vendredi la présidente de la Commission Marie-Claude Landry.

Selon Mme Landry, un rapport des Nations unies indique que plus de 90 % des demandeurs d’asile détenus au Canada le sont pour des motifs qui n’ont rien à voir avec la sécurité.

«Demander le statut de réfugié au Canada n’est pas un crime», a dit la présidente, ajoutant que la Commission, comme d’autres organismes, demande une enquête indépendante sur ces morts et appuie la création d'un organisme de surveillance.

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