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Service Canada a revu les règles d’embauche

Fin des quotas de travailleurs étrangers temporaires au Québec

Denise Proulx | Argent

Agence QMI

Service Canada a assoupli, en catimini, les règles d’embauche de certains travailleurs étrangers temporaires : une directive, émise le 19 février dernier, permet aux entreprises agricoles et agroalimentaires d’embaucher sans limites le nombre de travailleurs nécessaires, du moment qu’ils le sont pour une période de 180 jours et moins.

«Service Canada implante des mesures temporaires d’un an pour donner du temps au gouvernement d’analyser les changements imposés par le gouvernement Harper. Ce sont principalement les transformateurs agroalimentaires qui en profiteront», confirme Jeremy Ghio, attaché parlementaire du député fédéral Jean Claude Poissant, qui avait promis de faire débloquer le dossier.

Une nouvelle à confirmer

Chez la firme Bonduelle, qui embauchera 131 travailleurs guatémaltèques pour la transformation des récoltes maraîchères durant l’été 2016, la nouvelle reste à confirmer.

Les quotas de travailleurs étrangers, établis à 10 % de l’ensemble des employés, lui ont fait perdre 20 travailleurs étrangers, cette année, pour combler ses besoins de personnel dans ses quatre usines de la Montérégie.

«Personne ne nous a informés de ces modifications. Mais pour nous, l’impact le plus important, c’est la participation aux frais de traitement de nos dossiers qui a grimpé de 250 $ à 1 000 $ par employé. C’est une différence de 95 000 $ supplémentaires à assumer», explique le vice-président aux ressources humaines, Jean-François Payen.

Pour Bonduelle, cette cotisation supplémentaire est bien plus un incitatif à limiter l’embauche des Guatémaltèques que les quotas d’embauche.

Une bouffée d’air frais

«Cette directive vient de donner de l’air aux transformateurs de fruits et légumes et aux entreprises saisonnières comme les centres d’aménagement paysager et les usines d’emballage de bleuets. Il reste cependant encore des dossiers à réviser», déclare le directeur général de FERME Québec, Denis Hamel. L’organisme n’a appris que cette semaine la décision discrète de Service Canada.

Denis Hamel s’attend que d’autres annonces soient faites prochainement, dont celle d’un traitement accéléré des dossiers du côté québécois, faisant passer l’attente à uniquement quatre semaines.

Il espère également que le gouvernement fédéral reverra les durées d’embauche, qui sont maintenant limitées à 48 mois pour les travailleurs guatémaltèques.

«Le fédéral va étudier le programme en profondeur d’ici l’automne et verra à annoncer d’autres modifications, si nécessaires, par la suite», promet Jeremy Ghio.

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